Fatigue mais impossibilité de dormir, émotions incontrôlables, mal-être généralisé... Le stress professionnel est un jour devenu ingérable pour vous. Jusqu'à ce que vous repreniez le dessus. Racontez-nous.
Je ne suis pas sûre d'être tombée clairement dans le burn-out, mais je me sens toujours dangereusement au bord de la falaise, avec 2 glissades, mais heureusement, pas jusqu'au fond du ravin. Les symptômes classiques sont toutefois là: perte totale de confiance en soi, perte de l'envie de travailler, manque de concentration, perte de repères, extrême irritabilité à la maison.
Qu'avez fait pour remonter la pente ?
Ma chance est d'avoir été, depuis bien avant ces 2 difficultés, en suivi psychologique (thérapie analytique), qui apporte un réel soutien dans l'analyse personnelle de tous les événements qui surviennent, et permettent alors de trouver des solutions avant d'être au fond du gouffre. La première fois, après une perte totale de confiance (sentiment que je n'étais plus capable de faire quoi que ce soit de correct), l'analyse de la situation m'a amenée à la conclusion qu'il fallait que je change de poste, ce qui n'est pas évident quand on se croit absolument incapable. Alors, je suis passée voir la DRH et suis tombée sur une personne excellente, qui a su me donner le bon outil : un formulaire simplifié de bilan de compétences. Le fait de noter par écrit, ce que j'avais réalisé pendant les 15 années précédentes a été la pierre de base de ma reconstruction, car cette action a montré clairement, et à moi la première, que je savais faire des choses, et qu'elles avaient une valeur certaine. Du coup, le premier entretien que j'ai passé pour changer de poste a été le bon (et a été le meilleur que j'ai jamais passé) et a tout de suite débouché sur une mutation. Dans le second cas de burn-out, qui s'est traduit par un sentiment d'égarement complet, mes démarches pour m'en sortir (questionnement par rapport à mon poste, par rapport à l'environnement proche, par rapport à l'environnement moins immédiat), m'ont amené aux certitudes suivantes : j'aime toujours mon travail, il n'y a pas de dysfonctionnement majeurs avec les équipes proches avec lesquelles je travaille, et tous mes collègues ont les mêmes difficultés de concilier des objectifs intenables divergents (en bref, il semble que je ne suis pas le problème). Du coup, je fais tout de même le maximum que je peux pour faire avancer les choses (gros horaires, mais pas de travail à la maison), je réalise les tâches, les unes après les autres, et j'essaye de remonter le message comme quoi, malgré tous mes efforts, il y aura toujours une limite de 24h dans une journée. La charge de travail est toujours là, mais cela me permet de sortir du mode "panique", et, du coup, de travailler plus efficacement. Par contre, je me sens toujours excessivement fragile, et la situation à la maison est toujours très difficile.
Le message que je souhaiterais faire passer aux personnes également en difficulté, est le fait qu'il ne faut pas rester seul et parler pour trouver quelques repères autour de soi (je sais que ce n'est pas toujours facile, surtout dans le monde du travail actuel, hyper-concurrentiel où il ne faut pas montrer ses faiblesses), qu'il faut pouvoir poser des limites, et qu'un excellent atout, est de connaître ses forces et ses faiblesses.