Les salariés et retraités qui souhaitent exercer une activité complémentaire en tant qu'indépendants pourront créer leur entreprise par le simple envoi d'un formulaire. Que vous inspire cette réforme ?
Que vous inspire le nouveau statut d'auto-entrepreneur institué par la loi de modernisation de l'économie ?
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Même si la Loi
de modernisation de l’économie investit peu à peu les rubriques et autres
chroniques de nos médias, il est surprenant de voir le peu de bruit que
provoque l’initiative
de François Hurel, délégué général de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes
et Hervé Novelli, secrétaire d’état chargé du commerce, de l’artisanat,
des pme,
du tourisme et des services. Il s’agit du régime de l’auto-entrepreneur
qui est devenu effectif le 1er Janvier 2009.
Grâce à ce nouveau régime, nous pouvons tous devenir, administrativement au
moins, des « entrepreneurs » en s’acquittant d’une
simple déclaration et bénéficier d’une gestion extrêmement simplifiée :
vous avez de l’activité,
vous payez des charges (exprimées en % du chiffre d’affaires),
vous n’avez
pas d’activité,
vous ne payez rien ! Vous voulez arrêter, suspendre, reprendre votre activité d’entrepreneur,
pas de problème, tout a été prévu !
Bref, un fonctionnement simple et transparent qui ouvre des perspectives
extraordinaires. Dès à présent, le goût d’entreprendre, débarrassé de ses
obstacles, va déferler en France et pouvoir enfin s’exprimer
au gré des envies et des motivations de chacun.
Derrière l’idée
du « tous entrepreneurs », se dessine une (r)évolution profonde des croyances
et des représentations de l’entrepreneuriat dans notre pays.
Hier, la décision d’entreprendre sous-tendait un choix exclusif et binaire
(j’y
vais ou j’y
vais pas) et donc difficile, voire douloureux. Demain, salariés en poste,
fonctionnaires, retraités, étudiants, personnes sans emploi, etc. Tous pourront
s’essayer
à la création d’activité,
gommant ainsi le caractère inaccessible voire mystique qui entourait l’image
de l’entrepreneur.
On peut donc espérer que le statut d’auto-entrepreneur contribuera à
revaloriser en France l’image même de l’entrepreneur
et donnera envie et idée à un nombre croissant d’individus
de s’engager
dans cette l’aventure.
Ce nouveau régime va réveiller des vocations d’entrepreneurs
qui sommeillaient en chacun de nous depuis longtemps. En effet, il est fort
probable que l’auto-entreprenariat
se traduira par un développement exponentiel du commerce entre particuliers,
communément appelé C2C (consumer to consumer). Certes, cette loi va
déjà permettre, dans un premier temps, de faire rentrer dans le rang « fiscal »
les « particuliers » qui opèrent de façon régulière (et parfois significative)
sur les places de marché d’achat et de ventes de produits et de
services sur Internet. Mais l’enjeu est aussi le développement des
offres de proximité qui peuvent être générées au-delà du Web. Le fait que ces
échanges deviennent légaux va réveiller des vocations.
Vous avez une expérience et/ou une compétence particulière,
devenez consultant ou formateur occasionnel. Vous cultivez vos propres légumes bio
? Vendez-en à vos voisins ! Vous connaissez quelqu’un
qui est un as du petit bricolage ? Demain il interviendra chez vous pour
installer vos nouvelles étagères !... Les possibilités sont infinies, à
condition que soient respectées les réglementations sectorielles en vigueur !
Quelles vont être les répercutions au niveau des entreprises ? Imaginons ainsi,
que tout le monde commence à lancer sa « petite » activité. N’est-ce-pas
là le début d’une
vraie solution pour développer le pouvoir d’achat supplémentaire que l’activité
principale n’est
pas (plus) en mesure de garantir ? Quelles seront alors les répercutions au
niveau de la relation entre employeur et salarié ? Ce dernier, disposant d’une
alternative nouvelle, pourra alors dans certains cas, faire des choix qui lui
permettront de « mieux » valoriser ses connaissances, ses compétences et donc
son temps. Les entreprises devront alors explorer de nouvelles voies de
coopération pour tenter de recruter et de fidéliser les individus auxquels
elles tiennent le plus. La demande de flexibilité risque de devenir croissante
et les entreprises devront faire face à de nouvelles exigences : planning
aménagé, télétravail, etc. En même temps, elles bénéficieront d’une
plus grande flexibilité en s’entourant d’un
« écosystème » d’auto-entrepreneurs susceptibles de lui apporter les
compétences pointues et/ou ponctuelles dont elle ont besoin
sans avoir à grossir leurs effectifs et à en assumer les charges qui y sont
généralement associées. Après le B2B, le B2C, le C2C, … le C2B (un individu qui
offre une prestation de services à une entreprise) va voir le jour et
vraisemblablement enregistrer un essor sans précédent. Face à cette évolution,
les acteurs de l’intérim et du portage salarial vont devoir se «
réinventer ».
Comme toute nouvelle initiative, le développement des activités d’auto-entreprenariat
va certainement nécessiter des améliorations et des ajustements au cours du
temps : soyons patients et constructifs.
Mais dans un contexte économique très difficile, il est fort à parier que cette
loi va engendrer une vraie révolution dans le monde de l’entrepreneuriat
: du pouvoir d’achat
et de l’initiative
pour les uns, du service pour les autres, de la flexibilité pour tous. Voilà la
formidable promesse de cette initiative.
Simplicité et flexibilité : la nouvelle voie de la liberté … d’entreprendre
!.