Selon le principe "un jour travaillé égale un jour indemnisé", le projet de réforme de l’assurance chômage va permettre à plus de demandeurs d’emploi d’être indemnisés mais va aussi raccourcir les durées d’indemnisation de certains. Qu’en pensez-vous ?
Un projet de réforme qui commence par mettre en avant les économies substantielles que permettrait de dégager le remplacement des 4 filières par une filière unique, suivi de l’obligation d’opérer à budget constant - le Medef en faisant "une question de justice sociale. C’était nécessaire pour que plus de chômeurs soient indemnisés" - et qui finit en business plan bénéficiaire dont l’excédent (500 M€ par semestre), au lieu d’indemniser plus ou mieux, servira à baisser les cotisations patronales d’un demi-point est sans aucun doute un bon plan pour certains mais un très mauvais pour beaucoup d’autres. En d’autres termes, on réduit plus de droits qu’on en accorde et on diminue l’enveloppe globale à un moment où le chômage explose sans perspective d’amélioration à court terme. Or, si Matignon fait valoir qu’" il serait incompréhensible que, dans la situation de crise actuelle, les syndicats ne s'engagent pas sur une nouvelle convention plus favorable aux chômeurs que la précédente", une analyse moins superficielle du projet révèle l’ampleur des régressions des droits de beaucoup d’entre eux. Les syndicats qui ont fait le choix de ne pas signer cet accord n’ont pas manqué de souligner que le chômeur pourrait perdre, selon les filières, jusqu’à 7 mois ou 9 mois d’indemnisation. S’agissant des seniors, âgés de 58 ans ou plus en 2009 et perdant leur emploi dans le cadre de la nouvelle convention, la régression est bien plus sévère puisque, en application d’un article de ce même projet, il se rajoute le décalage de 60 ans et demi à 61 ans de la jonction avec l’âge de liquidation de la retraite. Ainsi, toutes choses étant égales par ailleurs, une réduction de 9 mois d’un côté (27 mois au lieu de 36) et 6 mois de l’autre (61 ans au lieu de 60 ans et demi), c’est 15 mois d’indemnisation en moins si la perte d’emploi est actée après la date en vigueur de la Convention chômage (soit une différence de 56%). Idem pour la réduction des 7 mois pour la filière accessible aux chômeurs de tous âges, (16 mois au lieu de 23), auxquels les chômeurs nés avant le 1er janvier 1952 sont fondés à ajouter les 6 mois à l’autre bout, soit un manque de 13 mois (16 au lieu de 29 correspondant à 81% !). Non seulement, il n’est pas équitable de faire supporter à une catégorie de chômeurs le poids d’une meilleure prise en charge au profit d’autres catégories, mais cet effet des vases communicants aux dépens des seniors est d’autant plus contestable qu’ils ont en leur temps contribué généreusement au financement des régimes sociaux et que leurs perspectives de retour à l’emploi sont plus que jamais réduites.
Quelle
autre réforme proposeriez-vous ?
Dans le cadre des "avant-dernières" séances de négociations, le Medef avait fait saliver les syndicats sur la notion de "droits rechargeables", qui, bizarrement, n’a pas figuré pas dans le projet d’accord de la nuit du 23 au 24 décembre. La Cftc, qui a fait connaître sa décision de ne pas signer l’accord le 12 janvier, insiste à juste titre sur l’intérêt de cette mesure. En palliant en effet les invalidations en boucle de périodes travaillées de 6 mois ou plus, qui, bien que cotisées, ne profitent pas aux intéressés, cette mesure constituerait une vraie avancée en faveur des chômeurs et lèverait des freins à des reprises d’activités précaires qui, paradoxalement, peuvent induire un raccourcissement des périodes indemnisées.
Josiane
J'ai 56 ans inscrite à l'Anpe (pôle emploi) toutes les candidatures que j'ai envoyées pour ces fameux contrats seniors n'ont jamais été retenues par la personne qui filtre les réponses. Par contre je reçois sans cesse par sms ce message "pôle emploi n'a pas retenu votre demande cette offre est réservée à un public spécifique". Alors que je suis en plein dedans. Que faire ? Crever de faim ?
Franois Bertrand
Juste pour vous signaler notre site urli (Urgence Licenciement) qui est un réseau gratuit d'aide pour les personnes licenciées. Bon courage à tous et à toutes !
Vieux Chomiste
Brigitte, j'approuve totalement votre réaction, moi qui ne suis qu'un vieux au chômage visible par Google
J T
Vieux au chômage parce que viré des emplois depuis 1996 pour faire préférer des plus jeunes ou d'autres d'ailleurs et surtout pour m'éviter d'avoir une retraite. Cramé de 17 trimestres du fait du chômage non indemnisé imposé depuis l'année 2000, ma Cram qui ne m'en valide que 143 trimestres m'interdit de retraite. J'aurai 61 ans en juin 2009. Qui s'intéresse à un sexa laissé au chômage non indemnisé ? On réclame l'équivalent retraite du chômage y compris non indemnisé
Caldi
Avez-vous remarqué que la suppression de l'allocation équivalentretraite, n'intéresse personne ? À 58 ans, on a travaillé dur, on aconsommé, payé des impôts, cotisé pendant plus de 40 ans, maisc'est du passé ! Les Assedics ont pris la liberté de refuser l'A. E. R. En décembre 2008. Alors que la suppression est effective à partir du 1er janvier 2009. Quel média en parle ? Aucun (à ma connaissance). Comment voulez-vous qu'un politique admette qu'on ne peut pasvivre avec 460 € par mois, s'il ne s'est jamais trouvé dans cettesituation. Les précaires d'aujourd'hui seront les malades de demain
Bernadette
Agée de 58 ans, veuve, j'ai été privée d'emploi en juillet 2005, en AER (allocation équivalent retraite) depuis 3 ans, dispensée de recherche d'emploi depuis le 1er octobre 2007, mais comme j'ai travaillé un petit peu, mes fins de droit ont été repoussées au 6 février 2009. Alors qu'en juillet 2008, certaines de mes collègues ont touché l'AER, moi pour avoir repoussé les "limites" de mon aide au retour, je vais me retrouver à 20 mois de ma retraite en allocation de solidarité spécifique (440€/mois). Croyez-vous vraiment que nos politiciens ont cherché à connaître le milieu des chômeurs âgés ? En voyant le texte, je me demande si je vais pouvoir prendre ma retraite à 60 ans malgré mes 178 trimestres. Je me pose la question: où vais-je, et je réponds au seuil de la pauvreté, je vais être obligée de faire des choix pour survivre. Et je ne suis pas la seule dans ce cas là...
Brigitte
Il ne faudrait pas oublier que les salariés de plus de 50 ans ont cotisé toute leur vie: pas pour eux mais pour les autres ! Il est navrant qu'ils ne puissent pas bénéficier des mêmes avantages que les salariés qui sont partis en pré-retraites et retraites dans des conditions exceptionnelles grâce à eux. Alors que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes possible la crise arrive à point pour faire "passer la pillule". Pas étonnant que le président de la République française soit si pressé de faire passer les réformes coûte que coûte