Journal du Net > Management > Contributions > Victime d'un burnout, comment vous en êtes-vous sorti ?

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Fatigue mais impossibilité de dormir, émotions incontrôlables, mal-être généralisé... Le stress professionnel est un jour devenu ingérable pour vous. Jusqu'à ce que vous repreniez le dessus. Racontez-nous.

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 Marmotte  

Marie , Var

Comment s'est manifesté votre burnout ?

Je me suis totalement écroulée physiquement au printemps dernier...
Plusieurs signaux auraient pu être interprétés, mais personne n'a vu venir le burn out, ni dans mon entourage pro ni dans mon milieu familial...
J'ai commencé par être totalement dégouttée de mon travail, ne comprenant plus ni son sens ni ses objectifs alors même que j'étais une personne extrêmement (voire trop) motivée...
Avec ma perte de confiance en moi, je n'arrivais plus à prendre en charge des actions, actions qui pourtant étaient plus que faciles à réaliser. J'ai demandé à ma hiérarchie de changer de projet n'arrivant pas à effectuer les tâches demandées...
Les derniers jours qui ont précédé mon écroulement, j'ai même énoncé des phrases au boulot qui étaient limites, d'une négativité extrême, comme si je souhaitais me faire renvoyer...
Bref, tous les signaux étaient là, hyperémotivité, négativité, perte de confiance, extrême fatigue...


Qu'avez fait pour remonter la pente ?

Durant mon arrêt maladie qui a duré 5 mois, j'ai vécu plusieurs phases...
J'ai commencé les antidépresseurs dès le début de l'arrêt maladie et je viens de les arrêter...
Les 2 premiers mois, j'ai dormi entre 16h00 et 20h00 par jour. J'étais incapable de sortir, de discuter, d'affronter le monde extérieur. Incapacité de conduire plus de 20 minutes...
Le moindre écart "de conduite" était payé le lendemain matin...
Après 5 mois d'arrêt maladie, j'ai démarré une procédure d'inaptitude auprès de mon ancien employeur, ne pouvant plus retourner dans l'entreprise...
Au 5ème mois : 1er jour sans sieste mais toujours de grosses nuits...
Au 7ème mois : j'ai retrouvé un rythme de vie quasi normal mais en faisant attention à conserver de bonnes nuits + des siestes de temps en temps...
J'ai eu de la chance car j'ai eu l'opportunité de trouver une reconversion suite au départ à la retraite d'un commerçant (pas du tout ma branche de travail) dans mon village. Mon entourage m'a énormément assisté durant ces 9 derniers mois et encouragé dans ma démarche de reconversion...
Aujourd'hui, (après 9 mois) j'ai ouvert mon commerce. Je suis toujours fatiguée et je fais très attention à garder mon rythme de sommeil et à conserver quelques siestes dans la semaine. Mais le bout du tunnel n'est vraiment plus loin...
Afin d'éviter qu'une autre personne de mon ancienne entreprise ne se retrouve dans la même situation, mon ancien employeur et le CHSCT m'ont sollicité pour apporter mon témoignage et indiquer quels signaux auraient pu me permettre d'éviter le burn out...
J'espère que mon témoignage permettra de faire avancer les choses.


Publié le 25 février 2009

Joëlle Jouve-Bruillard
Je réponds à Vincent non hélas je n'en suis pas sortie je suis en plein dedans et c'est toute ma vie que je remets en question ; Peut-être est-ce aussi la crise du milieu de vie, ou l'on se rend compte que tout ce pourquoi on s'est battue, n'est que du vent. Mais voilà il faut travailler pour les enfants qui ont encore besoin de nous et comment faire quand on a perdu le goût de l'engagement et de l'appartenance. Jusque là j'ai toujours résisté même payée 30% de moins que les hommes car le contact clientèle me plaisait j'avais parfois souvent même le sentiment d'être utile ; aujourd'hui je me considère comme une machine à ramener du fric. Même si c'est le but de l'entreprise de gagner de l'argent pas à n'importe quel prix, et là je ne suis plus en phase, c'est ce décalage qui crée le burn out.
Courage à tous qui vivez cette détresse en culpabilisant car vous vous dites j'ai un boulot alors que d'autres pointent au chômage, et que la société n'oublie pas de vous le rappeler. Voilà je pourrais en écrire des pages et des pages tellement on vit dans un monde où on se demande ce que sont devenues les valeurs et qu'est devenu l'humain dans l'entreprise si ce n'est un matricule
Joëlle Jouve-Bruillard
Je me reconnais dans tous ce que vous décrivez pourtant moi aussi j'ai donné 35 ans de travail, ai élevé 3 enfants toute seule pendant 7ans, je me suis battue, j'ai été manager, j'ai passé un master 2 à Dauphine à 49 ans pour plus encore. Et aujourd'hui je suis sur mon canapé et je pleure comme une fontaine à longueur de journée, et en plus je me sens nulle, incapable d'assurer, j'ai l'impression d'être une larve et d'avoir une araignée dans le ventre. Tout je pense a du sens j'espère que c'est pour donner le bon sens. Merci à vous tous
Vincent
Je suis heureux, tu t'en es sortie, te souhaite beaucoup de bonheur
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