Fatigue mais impossibilité de dormir, émotions incontrôlables, mal-être généralisé... Le stress professionnel est un jour devenu ingérable pour vous. Jusqu'à ce que vous repreniez le dessus. Racontez-nous.
D'abord, en mars 2006, j'ai dû reprendre au pied levé le poste du directeur d'une association pour personnes handicapées. C'était sans délaisser, ou presque, mes fonctions quotidiennes de gérante de sociétés ; mes journées dès lors débutaient à 06h00 du matin pour s'achever à minuit, tout en s'occupant, du mieux que je pouvais de mes deux enfants dont j'ai la garde (divorcée). Cette situation a duré deux mois. A partir de fin juin, mes enfants sont partis 5 semaines chez mes beaux-parents... Afin que je puisse travailler 16 heures par jour pratiquement pour ma société. Après 3 semaines de vacances, où je n'ai pu réussir à m'arrêter, (je faisais des confitures, des conserves, du nettoyage), et me rendais un jour par semaine au bureau (soit 300 km aller-retour). Bref, au retour des vacances, à la vue du courrier des 3 dernières semaines (une pile de 50 cm) je me suis effondrée et direction mon médecin en urgence. Je n'avais plus aucune force, je me sentais anéantie. Mes jambes semblaient ne plus vouloir me porter, je n'avais plus d'appétit, en 3 semaines j'avais perdu 5 kg. Je n'acceptais pas cette maladie, et surtout le fait de devoir rester chez moi. J'ai beaucoup culpabilisé. Aussi, j'ai tout essayé : kinésiologie, médecine naturelle, oméopathie, etc... Mais je n'ai jamais accepté les antidépresseurs. Mon arrêt maladie a duré 10 mois. Puis j'ai repris un autre poste de travail : je me suis occupée de personnes handicapées mentales. Certaines sortaient d'un burn out justement, mais n'étaient plus capables de retourner au travail. Je pensais chaque jour : j'ai de la chance, je peux retravailler. Je suis restée 12 mois avec eux en accompagnement pour réinsertion professionnelle. Mon taux d’activité était de 40 à 50% environ, un retour en emploi tout en douceur. J’aurais été incapable de faire plus...
Il m'a fallu 24 mois, depuis le début de ma maladie reconnue, soit en août 2006, pour retrouver une vie presque normale. Presque car je ne suis plus capable de travailler plus de 8h à 9 heures par jour et plus capable de travailler 5 jours par semaine ; je dois dormir au minimum 8 heures par nuit (avant 4 ou 5 heures me suffisaient), je dois manger régulièrement, ne plus sauter de repas. Bref, ma vie a complètement changé...
Qu'avez fait pour remonter la pente ?
Pour "remonter" la pente, j'ai dû tout d'abord accepter cette maladie, ce n'était pas facile. J'ai dû la prendre comme un cadeau et j'ai positivé, je me disais que j'avais de la chance d'avoir été "choisie" par le destin, que la vie s'était chargée de mettre un frein à ces heures interminables, ces semaines que je ne voyais plus passer, j'avais reçu la possibilité de vivre. Mais tout ceci était pensée, à mi-sourire, les larmes coulant de mes yeux, sans que je puisse rien contrôler. J'ai visité des personnes "magnétiseurs", "donneurs d'énergie", etc... Puis j'ai fini par rencontrer un être exceptionnel, un masseur ayurvédique. Il m'a tout de suite dit qu'il ne me guérirait pas, mais qu'il m'aiderait à voir les choses différemment et à accepter mon problème...
Après 4 séances, j'ai remonté gentiment la pente. Une alimentation saine et équilibrée, des horaires respectés, du sommeil régulier (10 heures au minimum par nuit pendant la convalescence) et beaucoup d'envie d'être à nouveau "comme les autres" m'ont permis de revenir à une vie normale...
Aujourd'hui, je travaille à 70% environ. J'ai ressenti depuis 2 mois quelques symptômes : gros appétit (prise de poids env. 6 kg) puis plus d’appétit !, sommeil déréglé, les larmes me coulent pour un oui pour un non, les escaliers me sont un effort surhumain, j'ai repris la course à pied, mais je n'y arrive pas... J'ai compris très vite que la rechute me guette...
Comment faire maintenant ? Je pense que lorsque le burn out vous a atteint une fois, on n'en sort différent, il faut oublier toutes les choses que l'on pouvait faire avant. Nous n'avons plus la même énergie, plus du tout la même endurance et il faut savoir l'accepter. Pour ma part, j'ai l'impression que depuis 2 ans j'ai vieilli de 15 ans...
Il faut en parler et s'informer car beaucoup de personnes ne nous comprennent pas et c'est le plus difficile pour moi, ne pas être "entendue" ou comprise... Apprendre à gérer le stress, savoir dire non (j’en peux plus) avant de retomber KO.
Alexandra
Tout d'abord bonjour, je me suis reconnu dans ce récit, en février 2006 j'ai eu un nouveau responsable, je travaillais au sein d'un service ressources humaines, cette personne m'a demandé dès le 1er jour mes diplômes et il s'est avéré qu'elle était moins diplômée que moi mais moi j'en avais 26 et elle 45, donc une différence de 20 années d'expérience. À partir de là j'ai empilé les heures supplémentaires, j'arrivais à mon poste à 06h30 le matin pour en repartir le soir à 20 heures, ma journée n'était pas terminée car mon responsable me téléphonait tard le soir (23h00) ou le matin de bonne heure dès qu'il y avait un soucis avec le personnel. J'ai fait plus de 300 heures supplémentaires de février 2006 à août 2006. Dès que j'étais absente on m'appelait, je faisais tout dans le service (recrutement, contrat, planning, paie... ) et lui prenait des cafés avec les autres cadres. Je me suis mariée en septembre 2006 sous xanax 0.5g et après mon congés mariage, je n'ai pas pu reprendre. J'ai accepté les antidépresseurs. Cette période a été très difficile puisque même mon conjoint ou ma mère ne comprenaient pas ma réaction. Mon responsable a été licencié et j'ai choisi de reprendre mon poste. En mars 2007 j'ai trouvé un nouvel emploi, je souhaitais partir, quitté cet endroit où j'avais été mal d'autant plus que lors de mon arrêt maladie mon responsable avait mis une de ses amies à mon poste et qu'elle avait toujours contact avec lui et donc elle me pourrissait la vie. J'ai donc changé de poste. Au début mon burnout était passé mais depuis quelques mois il revient je me fais aider et là encore c'est une réaction due à la hiérarchie, cette hiérarchie se permet de faire des réflexions alors qu'elle ne fait pas grand chose au niveau du travail, elle arrive entre 12 et 14h30 pour partir faire ses courses vers 17h, elle fait des menaces en disant "tu as tout intérêt que..." je ne supporte plus et j'encaisse beaucoup moins qu'avant, je suis plus faible, et plus fatiguée. Je me suis donc décidée d'aller voir une psychothérapeute en plus de la psychiatre et cela me fait du bien, "car ce n'est pas de ma faute ! " mais c'est dur à intégrer cette phrase. Je pense réellement qu'on ne guérit pas à 100% du burnout, actuellement je refuse les arrêts maladie à cause de la perte de salaire. Jusqu'à quand, je ne sais pas, je sais que je tire sur ma propre ficelle on verra, j'espère simplement trouver un autre poste bon courage à tous