Fatigue mais impossibilité de dormir, émotions incontrôlables, mal-être généralisé... Le stress professionnel est un jour devenu ingérable pour vous. Jusqu'à ce que vous repreniez le dessus. Racontez-nous.
Epuisement général, sommeil fortement perturbé, impression de tourner en rond, de "ne pas voir la sortie", besoin épouvantable (et excessif) de reconnaissance, agressivité et colère au bureau et dans le privé, crises de larmes incontrôlées, j'ai l'impression de crier plutôt que de parler, je suis presque devenue mono-maniaque. Sensation de ne plus avoir de valeur, impression de rejet accrue par le rejet effectif d'un ex-manager à qui je faisais confiance et auquel je demandais son appui. Conscience que cela ne va pas, dégoût de soi, perte de sa propre valeur. Physiquement, perte de poids(plus de 20 kg), ongles cassants à répétition (pendant plus de 2 ans). Pour compliquer les choses, le contexte de mon entreprise était changeant, j'avais vécu 3 décès douloureux dans ma famille et mon couple était en difficulté. Envie de baisser les bras, puis d'en finir: ça tombe bien, j'ai un véhicule et des déplacements à faire... L'opportunité sera facile à créer.
Qu'avez fait pour remonter la pente ?
Il y a eu à la fois un facteur chance et l'écoute de ma petite voix intérieure. Le facteur chance, cela a été un coup de fil d'un proche qui avait besoin d'aide, juste le jour où j'avais décidé de me crasher avec la voiture: cela ressemble à un mauvais film, mais c'est bien la réalité et je remercie du fond du coeur aujourd'hui cette personne, qui sans le savoir m'a sauvé la vie. L'écoute de ma petite voix intérieure, cela a été d'aller voir le médecin, pour tenir le coup et d'oser lui parler sans mentir... Enfin presque. Et j'ai la chance d'avoir un médecin qui sait écouter et entendre au travers du non-dit. Anti-dépresseurs pendant 10 mois, consultation d'un psy, qui m'a fait comprendre que les clés étaient en moi, à ma disposition, ouverture sur autrui, cours d'improvisation théâtrale, reprise de cours de langue... J'ai laissé tomber ces 2 activités depuis mais voici 7 mois maintenant, reprise d'une activité sportive collective 2 fois par semaine et je m'y tiens. J'ai appris à m'aimer et à accepter ce que les autres peuvent donner Je pratique aussi à nouveau un loisir qui me permet d'oser voir différemment et de continuer à reprendre confiance en moi: la photo. Côté travail, je reste malgré tout en attente de signes de reconnaissance, mais la douleur et l'envie sont bien moindres qu'il y a 3 ans. Comme on dit, j'ai "pris du recul" et mes illusions sur un monde du travail où seules les compétences sont prises en compte se sont envolées. Je sais aujourd'hui que "l'emballage" a aussi son importance (parfois au détriment de la valeur réelle), mais que je ne suis pas prête à sacrifier mes valeurs profondes, juste pour un peu de pouvoir ou un statut. Cela ne signifie pas moins d'implication, mais travailler autrement, en faisant la part belle à ce qui est vraiment essentiel. Je préfère aujourd'hui être appréciée par les subordonnés (sincères) que par la ligne hiérarchique (opportuniste)... Bref, je deviens sage et sais désormais la valeur d'un sourire spontané. L'année prochaine, j'aurai 50 ans et je m'offrirai un séjour en Argentine... J'ai appris à dire à ma famille que je n'étais pas wonder-woman et suis plus tolérante qu'avant. J'ai eu beaucoup de chance dans mes malheurs, et j'en suis consciente. Au bout du tunnel, il y a la lumière. Ceci dit, cela fait 3 ans environ et il y a encore des points de fragilité. Le chemin de la reconstruction est long, ne nous voilons pas la face et il passe impérativement par du temps pour soi.
Marie
Tous ces témoignages ont un même fil conducteur.. J'ai écrit (maladroitement) le mien, je lis les vôtres et je m'y reconnais aussi, tellement... Bon courage à toi, à vous