"Le télé-PDG : au fin fond de la campagne
Dans une ferme du 18e siècle, une discrète "expérience en leadership du
21e siècle" se déroule exactement comme prévu.
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"Nous extraire des flux d'information plutôt que d'en
tenir les rênes" © Getty
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Stephen McDonnell est à l'étage, en tongs, en train d'étudier une feuille de
calcul sur son ordinateur. Sa société a augmenté son chiffre d'affaires de 30 %
par an depuis sa création et il peut passer davantage de temps avec ses trois
filles qu'il ne l'aurait jamais cru possible.
L'expérience ? En tant que PDG d'Applegate Farms, Stephen met un point d'honneur
à ne passer qu'une journée par semaine au siège de l'entreprise. Naturellement,
il n'est pas le seul PDG qui passe du temps chez lui – il y a, par exemple, tous
ceux qui ont eu des crises cardiaques ou des dépressions nerveuses et qui ont
besoin de temps pour récupérer. La situation, toutefois, est un peu différente.
McDonnell pratique la chose depuis plus de dix-sept ans. Plus rare encore, il
a commencé à suivre ce régime tout juste six mois après avoir créé l'entreprise.
Cette absence volontaire lui a permis de créer une activité pilotée par les
processus plutôt que par son fondateur. Limiter ses contacts avec les managers
oblige l'entrepreneur à élaborer des règles opérationnelles qui permettent aux
autres de gérer les problèmes eux-mêmes plutôt que d'appeler à l'aide.
Une des clés de la réussite de McDonnell ? Il a conçu son activité autour de
l'objectif qu'il souhaitait atteindre. (...)
Lorsqu'ils se lancent, beaucoup de créateurs d'entreprise ont une vision très
précise de ce que devra être leur organisation. La chose n'est pas nouvelle.
Le tristement célèbre Wayne Huizenga a copié l'organigramme de McDonald pour
faire de Blockbuster un monstre de plusieurs milliards de dollars et des douzaines
de géants ont fait peu ou prou la même chose. Dans notre cas, c'est l' "objectif"
qui est différent. Notre objectif, en effet, n'est pas de créer une entreprise
la plus grosse possible mais une entreprise qui nous dérange le moins possible.
L'idée est donc de nous extraire des flux d'information plutôt que d'en tenir
les rênes."
Extraits de La semaine de 4 heures, Timothy Ferriss, Editions Pearson, janvier
2008, p.179-180.