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| | Il
faut réussir à séparer ce qui relève de la sphère
professionnelle du domaine privé © Getty | |
"L'amitié sur le lieu de travail n'est ni une bonne, ni
une mauvaise chose. Seulement, si ça se passe mal, cela peut perturber
l'équilibre de l'équipe et sa performance. Il faut donc être
vigilant", observe Hélène Vecchiali. Il y a donc quelques précautions
à prendre.
Avancer sur des œufs
Cela
commence par se protéger soi-même en ne fonçant pas tête
baissée dans une relation fusionnelle. Certes, les connivences sont parfois
immédiates et évidentes mais cela ne signifie pas pour autant que
cette personne sera votre confidente et soutien éternel. Mieux vaut prendre
son temps et accorder sa confiance progressivement. C'est particulièrement
le cas si vous êtes amené à travailler de façon très
proche avec un collègue (dans le cadre de la finalisation d'un projet par
exemple ou en déplacement) : gare au "syndrome Loft Story" !
La proximité crée une intimité qui peut s'évaporer
dès la distance rétablie.
Cloisonner
sa relation
| "L'amitié
ne doit pas devenir un frein à l'évolution professionnelle" |
"Il
faut arriver à compartimenter et en parler pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïté."
Pour cela, évitez la promiscuité physique si possible : partager
son bureau, son chef et ses pauses déjeuners vous dirige plus sûrement
vers l'exaspération que vers une relation épanouissante.
Un
autre conseil classique : laisser les sujets personnels pour les déjeuners
et les week-ends et se concentrer sur les questions professionnelles pendant les
heures de bureau (et uniquement pendant celles-ci : inutile de faire des heures
sup le samedi dans la file du cinéma).
Prévenir
les jalousies
Si la coach conseille de rester spontané et de ne pas
chercher à cacher ses complicités, elle préconise toutefois
de rester attentif aux autres : "ne vous enfermez pas dans une relation autarcique
au détriment de la cohésion d'équipe". Et si vous sentez
des inquiétudes de la part de certains collègues, n'hésitez
pas à mettre les choses au clair : vous vous entendez bien avec l'étage
du dessous mais vous faites toujours partie intégrante de l'équipe
et les intérêts de votre service passent avant le reste.
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| | Sylvie
Sanchez-Forsans, psychologue du travail | |
Se fixer de règles de conduite
Vous
vous entendez extrêmement bien avec Jacques. Est-ce une raison pour prendre
votre café tous les matins et tous les midis avec lui ? "Fixez-vous
des règles de conduite, insiste Hélène Vecchiali. Par exemple,
vous pouvez conclure de déjeuner ensemble deux fois par semaine et le reste
du temps, vous restez avec d'autres personnes." Ces moments privilégiés
seront de plus bien mieux acceptés par votre entourage professionnel.
Faire
primer le travail
"L'amitié ne doit pas devenir un frein à
l'évolution professionnelle", met en garde Hélène Vecchiali.
Ainsi, il ne faut pas chercher à tout prix à travailler ensemble
- sur un projet, pour un déplacement - et surtout ne pas enfreindre les
règles de diffusion de l'information. Soyez attentifs car cela peut être
un mouvement involontaire et inconscient : vous avez parlé de l'état
d'avancement du projet avec Jacques à la machine à café,
entre le récit de votre week-end et la planification d'une séance
de cinéma - mais les autres n'étaient pas présents. Il ne
faut donc pas considérer que le sujet est clos et penser à informer
l'ensemble des personnes concernées.
Enfin, ayez à l'esprit
que le domaine de l'entreprise est avant tout un terrain de chasse : promotion,
augmentation, responsabilités... Tout cela ne s'obtient pas avec des bons
sentiments. Gardez votre intérêt en ligne de mire et soyez extrêmement
clair avec vos amis sur vos objectifs professionnels.
Se
préparer au changement
Quoi qu'il en soit, préparez-vous au
changement. "Il faut accepter les règles du jeu du contexte professionnel
et savoir que les choses peuvent changer très vite, prévient Sylvie
Sanchez-Forsans. Une promotion, une mutation, une brouille, un départ :
les risques de bouleversement sont exacerbés dans le travail. Cela aura
des conséquences sur la relation qu'il faut être prêt à
assumer.