Emotions au travail : leur donner la juste place

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Avant de chercher à les contrôler, les canaliser, les exprimer, encore faut-il les identifier. Et à en croire Elisabeth Couzon, "en France, on est des vrais handicapés de l'émotion."

 

Les émotions et leur déclencheur

Elisabeth Couzon
 
Elisabeth Couzon
 

» La peur : "c'est l'émotion la plus répandue au travail mais dont personne ne parle", explique Elisabeth Couzon. Peur de l'échec, de ne pas être à la hauteur, de se faire licencier, d'être jugé... Nombreuses sont les raisons de ressentir de la peur. Cette réaction survient face à un danger, une menace.

» La colère : elle survient lorsqu'on rencontre un obstacle ou face à une injustice. Les changements sont également fortement générateurs de colère. "Ce sont parfois de toutes petites choses, prévient Elisabeth Couzon. C'est par exemple le cas d'un cadre qui s'était vu transférer de bureau alors que cela l'éloignait des personnes avec lesquelles il devait travailler quotidiennement, sans qu'on lui explique pourquoi."

» La tristesse : "elle permet de faire le deuil suite à une perte, de passer à la phase d'acceptation", énonce Elisabeth Couzon. Par exemple suite au départ de plusieurs collègues ou à une restructuration.

» La joie : elle est la réaction qui survient face à une réussite, un accomplissement. "Elle n'est pas cultivée dans l'entreprise et lorsqu'on est dans les autres émotions, on a peu de chances de ressentir de la joie et du désir", analyse Elisabeth Couzon.

 

Être à l'écoute de son corps...

Etienne Roy
 
 

L'émotion se caractérise d'abord par une réaction physiologique : la respiration et le rythme cardiaque qui s'accélèrent, des tensions musculaires, la transpiration, des rougeurs, les mains moites, la gorge nouée, des tremblements... Tous ces éléments sont des signaux "d'alarme" de votre corps qui indiquent une forte émotion. Si l'on peut tenter de réduire ces symptômes physiques - on essaiera par exemple de réguler son souffle avant de prendre la parole devant une assemblée -, il ne faut pas les négliger pour autant car ils permettent de prendre conscience de l'émotion et donc de pouvoir maîtriser le comportement qu'elle engendre.

 

Cerner le déclencheur de l'émotion

"Suis-je en face d'un danger, d'une surprise, d'une injustice... ? Identifier le déclencheur permet de s'assurer que son émotion correspond à la situation", explique Elisabeth Couzon. En effet, il arrive que l'on réagisse d'une façon qui n'est pas appropriée car une des émotions de la palette est réprimée. Ainsi selon l'éducation reçue, on peut avoir tendance à ressentir de la tristesse là où on aurait dû se mettre en colère. La colère masque parfois de la peur également. Etienne Roy donne cet exemple de la vie quotidienne. "Un enfant traverse la rue en courant et sans faire attention. Ses parents le rattrapent et le sermonnent vertement. C'est bien de la peur qu'ils ont ressentie mais ils expriment de la colère. L'enfant ne comprend pas." En entreprise, les mêmes mécanismes sont à l'œuvre. Votre collaborateur vient vous voir pour vous prévenir qu'il va avoir du mal à respecter les délais fixés. Cela vous inquiète car vous pensez que la réussite de ce projet va peser lourd sur votre avenir dans l'entreprise. Vous vous en prenez violemment à ce collaborateur.

 


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