"J'attends ce dossier bouclé pour demain 10h sur mon bureau." Il est 17h30
et vous avez au bas mot une journée de travail pour arriver à bout de ce
qu'on vous demande. Dans cette situation de pression claire de votre hiérarchie,
votre niveau de stress monte en flèche, ce qui est d'ailleurs normal. Comment
gérer au mieux ces moments difficiles ?
Prendre quelques minutes pour réflechir à
la situation de pression
Tout d'abord, retrouver ses esprits. "Lorsque l'émotion apparaît, il faut pratiquer
une respiration ventrale, explique Laurence Saunder. Cela calmera votre corps.
En cas d'émotions répétées, à la fin de la journée, avec ces exercices, vous sentirez
la différence. Il ne faut pas oublier que l'on dispose d'un capital émotionnel
limité. On puise dedans toute la journée et le soir, à la maison, on est à découvert."
Cette respiration abdominale (voir les
vidéos) peut se pratiquer à son bureau ou, si besoin, dans un espace moins
en vue.
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Il faut commencer par faire le tri entre ce que l'on vous
impose et ce que vous vous imposez à vous-même. ©
Getty
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L'idée est de parvenir à prendre du recul par rapport à ce qui vous est demandé.
Il faut réussir à différencier ce que l'on vous impose (rendre le rapport
demain à 10h) et ce que vous vous imposez à vous-même (le rendre peaufiné avec
tous les tableaux, sans fautes d'orthographe et totalement exhaustif). En somme,
faire la tri entre la pression exogène et celle que vous vous mettez à vous-même.
"Il s'agit de se poser la question 'Que puis-je faire de mieux dans ce laps de
temps ?' et donc de remettre en cause ses propres priorités", insiste Laurence
Saunder. Il faut aussi s'interroger sur ce qui est en dedans ou en dehors de notre
champ de contrôle. En fonction des réponses qu'on apporte à ces questions, non
pas dire non à votre supérieur mais négocier les termes de l'objectif, un par
un.
L'assertivité comme renfort
Pour y parvenir, il faut apprendre à s'affirmer : savoir dire de manière
constructive ce qui ne va pas, parallèlement écourter les reproches, faire
entendre son opinion sont autant d'aptitudes pas toujours innées qu'il faut
savoir développer si l'on souhaite mieux vivre la pression que l'on a sur
ses épaules. Une fois que tous les points sont éclaircis, il faut alors arrêter
de se poser des questions. "Il faut rester concentré sur ce que l'on
fait, avoir la préparation mentale de l'instant présent, comme des sportifs
au moment de la compétition."
Nuancer ses propres réactions
Sur le plus long terme, il est bon de réfléchir à ce qui pose problème de manière
récurrente. Une situation ou une phrase de votre patron suscitent une réaction
négative de votre part ? Il faut l'analyser. Vous vous trouvez stressés par
quelques personnes qui arrivent systématiquement en retard à vos réunions ? Repérez
le phénomène et posez-vous ces quelques questions :
» 'Quelles petites phrases prédéfinies
mon inconscient me glisse-t-il à l'oreille ?' (par exemple, je ne comprends pas
l'individualisme de ces personnes),
» 'Quelles émotions est-ce que je ressens
sur le coup' (l'agacement, la colère, l'abattement),
» 'Quel comportement est-ce que j'adopte
en réaction ?' (l'agressivité, l'indifférence).
L'objectif de cet état des lieux est de prendre conscience des réactions excessives
qui peuvent être à l'oeuvre à chaque fois que ce type de situation se reproduit.
"Il faut parfois nuancer ses pensées, les replacer dans le contexte. On ne renégocie
pas suffisamment avec nous-mêmes", assure Laurence Saunder.