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L'avis de Pascal (Rennes) sur Rennes

Rennes, beaucoup de bruit pour rien !
"Quelle erreur d'être venu s'installer sur Rennes... Avant d'opérer ce choix, je me suis renseigné longuement sur cette ville sur laquelle on ne tarissait pas d'éloges. Ville ouverte, dynamique, culturelle, de gauche, jolie et bretonne de surcroît. Après 6 mois d'habitation dans le centre sud, force est d'établir un constat accablant. Rennes ville ouverte ! Les gens sont froids comme le marbre et la population très repliée sur elle-même. Ce qu'on appelle l'ouverture à Rennes est la possibilité aux étudiants de pouvoir bramer haut et fort leur émancipation à la sortir d'un bar. Rennes ville dynamique ! Le métro ferme à minuit et demi, les bars à 1h du matin et le dernier verre est servi 20 min avant la fermeture. Si l'on excepte la rue de la soif où sévit une légion d'étudiants bruyants, la ville est un désert passé une certaine heure. Et il suffit d'un crachin pour disperser les quelques badauds. Cependant venez un dimanche à Rennes si vous désirez une cure de silence. Rennes ville culturelle ! Si l'on excepte les Champs Libres et le festival des Transmusicales, rien ne sort de cette ville où le manque d'initiative et surtout le manque d'argent ne permettent rien. Je sais que d'aucun vont hurler au scandale en clamant que le nouveau tnb est arrivé. Je leur donnerais raison, mais je leur dirais également que le théâtre de Bretagne pratique des tarifs assez onéreux pour ne s'adresser qu'à la bourgeoisie locale. Je leur répondrais également que la galerie d'art contemporain est à bout de souffle en matière d'exposition. La construction du métro a grevé tant et si bien le budget municipal qu'il est fort à parier qu'il ne doit pas rester grand-chose pour le domaine culturel. Quant au cinéma d'art et d'essai, le plus intègre (cinéma tnb) ne subsiste que parce que son frère jumeau (l'Arvor) compense le manque à gagner. Et j'ajouterai que tout ceci se ressent car si l'on excepte quelques petits évènements amateurs, la ville est fantomatique sur le plan de l'esprit. Rennes ville de gauche ! Et les gens en sont fiers. Pas question de leur porter la contradiction sur ce point. Pour une ville de gauche, je m'étonne d'une telle spéculation immobilière (je paye 380 €/mois pour un 20 m²). Par ailleurs, la ville ne délivre pas davantage de services sociaux que les autres villes. Bref, je me demande bien ce qui différencie Rennes la gauchère de Bordeaux la droitière par exemple (je précise que je connais les 2 villes). Mais je n'ai sans doute pas bien cherché... Rennes jolie ville ! Si l'on excepte quelques rues où l'on peut savourer la magnificence de maisons à colombage que par ailleurs peu de monde connaissent (rue de la Psalette), le reste est tout à fait quelconque. Je trouve même que le centre ville manque singulièrement de cachet. L'ancien maire de Rennes a par ailleurs beaucoup d'humour et un goût très prononcé pour l'horticulture. Remarquez le merveilleux jardinet au beau milieu de la ville. Je donnerais chère pour obtenir la vidéo qui a consacré l'inauguration de cet évènement en présence du sous-préfet. Rennes ville bretonne ! Il y a autant de traces de culture bretonne à Rennes que de traces de cultures savoyardes à Marseille. Bien entendu, le nom des rues est transcrit en breton au centre ville et si madame désire une crêpe bretonne, elle pourra en savourer une. Passer cela, circulez, il n'y a rien à voir. Ah ! pardon, mille excuses... Il existe une librairie de 40 m² et 2 hebdomadaires bretons à la médiathèque centrale. D'où vient donc cette fameuse réputation concernant Rennes ? A mon humble avis, elle se fonde sur 2 caractéristiques. La 1ère prend sa source dans les années 80 où Rennes a proposé quelques talents sur la scène musicale tels Etienne Daho, Niagara, les têtes raides. Rennes fut donc un tremplin rock pour quelques-uns, ce qui a dû encourager bon nombre de musiciens rennais à vouloir se produire dans les bars. Il fut donc question en ce temps-là d'une dynamique de groupes. Je tiens à rassurer le lectorat, cette période est définitivement révolue. La 2ème repose sur un phénomène assez naturel qui se produit chez les étudiants expatriés. Au nombre de 80 000, la plupart des étudiants viennent de Bretagne et de Normandie et connaissent pour la 1ère fois leur émancipation. Loin de l'autorité parentale et des bourgades ennuyeuses dont ils sont originaires, ils peuvent ainsi à loisir faire la fête et flirter dans de meilleure disposition. Bien entendu un climat si favorable rend la ville propice d'autant plus sympathique qu'elle mérite bien un éloge de taille. Pour conclure, je dirais que si vous n'êtes pas étudiant, si vous n'êtes pas intéressé par des beuveries post-adolescentes, si vous ne souhaitez pas courir des jupons entre 18 et 22 ans, vous n'avez strictement rien à faire à Rennes. Passez votre chemin ou si vous désirez connaître la Bretagne, prenez le large. A titre indicatif, sachez également que c'est en été que Rennes émet sa puissance de feu. Les étudiants rentrent au bercail et les touristes préfèrent les côtes (nous ne leur en voudront pas...). Le mieux est de vérifier par vous-même, mais je n'en démords pas, expérience et témoignages à l'appui : Rennes, beaucoup de bruit pour rien !"
Ce que j'aime à Rennes "Son silence, le miaulement de ses chats, son jardinet, ses géraniums."
Ce que je n'aime pas à Rennes "Son trop-plein de dynamisme, son programme culturel flamboyant, son ouverture d'esprit et l'absence de bobos au centre ville."
(mars 2008)

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