Les productions audiovisuelles françaises de plus en plus plébiscitées à l’étranger ?

Le succès du dernier Luc Besson, Lucy, aux États-Unis est-il le signe d’une percée des productions audiovisuelles françaises à l’étranger ? Avec près de 100 millions de dollars (97,3 M$) après seulement trois semaines d’exploitation, le film se classe déjà à la 3ème position des plus gros succès français aux Etats-Unis, juste après les superproductions Taken 1 et 2 du même studio EuropaCorp.

Le film a déjà dépassé le cinquième Elément et ses 63 millions de dollars en fin de carrière. Un succès à l’étranger qui s’ajoute à celui de « Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ? » qui a enregistré 500 000 entrées en Allemagne, sous le titre Monsieur Claude et ses filles, et 220 000 entrées en Belgique et 170 000 en Suisse.

Des épiphénomènes ? Pas forcément puisque nos productions audiovisuelles françaises, films et séries, semblent aujourd'hui mieux adaptées au marché international. Le public, notamment américain, est désormais plus ouvert à des productions originales différentes et pointe le charme des productions françaises. Des œuvres françaises que l’on peut diviser en deux catégories. En premier lieu celles taillées pour le marché étranger, en général tournées en version originale à l’image des productions d’Europa Corp où l’origine française de la production n’est pas mise en avant. Isabelle Giordano, directrice générale d’UniFrance explique ainsi que « le meilleur moyen pour que le cinéma français marche à l'étranger ce n'est pas toujours de mettre en avant le drapeau français. Aux États-Unis, nous sommes vus comme arrogants.». A l’opposé des films français réussissent à attirer un public étranger en jouant sur les spécificités des productions hexagonale à l’image de « Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ? ».

Les dernières productions de Studiocanal, la branche production de Canal+, peuvent se targuer de recouper ces deux critères, à savoir conserver les spécificités et l’âme des productions françaises en terme de scénario ou de dialogues tout en adoptant le format et les codes internationaux. La série Les Revenants en est un bon exemple puisqu'elle a réussi à être diffusée sur le réseau américain, en l’occurrence Sundance Channel, et a obtenu un bel accueil critique. Le format adapté (52 minutes par épisode) et la qualité du scénario développé par l’écrivain Emmanuel Carrère ont contribué à sa carrière internationale. Une vraie nouveauté pour l’audiovisuel français plutôt habitué à la démarché inverse, à savoir racheter des productions américaines pour une distribution sur les réseaux français. 

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