Hopscotch : le développement de jeux de casual gaming pour les nuls

Après une application iPad déjà téléchargée 5 millions de fois, la start-up lance son app iPhone pour viser un public encore plus large.

Le JDN vous propose, en partenariat avec FrenchFounders, une série hebdomadaire sur les start-up new-yorkaises qui disruptent le marché des médias et de l'adtech. Aujourd'hui, découvrez Hopscotch.

Python, JavaScript ou encore Ruby…. Les principaux langages de programmation s'apparentent parfois à un véritable casse-tête pour les non-initiés. C'est pour le résoudre que Jocelyn Levitt, alors institutrice de son état et apprentie développeuse, a lancé en 2011 son application de programmation pour iPad, Hopscotch.

"Mon ambition était alors de rendre la pratique plus accessible. Tout simplement parce qu'elle va concerner de plus en plus de personnes dans les années à venir", nous explique-t-elle dans l'espace de coworking qu'elle occupe actuellement du côté de Manhattan. Son parti pris ? Remplacer les éléments austères et pas toujours intuitifs des logiciels de programmation par une interface beaucoup plus visuelle, qui permet via des "drag and drop" de mettre au point sa propre application.

L'expérience utilisateur séduit rapidement les plus jeunes… et leurs professeurs. L'application iPad aux 5 millions de téléchargements est utilisée dans des collèges pour inculquer aux élèves les rudiments de la programmation.

Jocelyn Leavitt © Hopscotch

Avec le lancement de la version iPhone début mai, Hopscotch, dont près de 90% des utilisateurs sont âgés entre 11 et 13 ans, vise désormais un public plus large et espère bien devenir un acteur majeur du "casual social gaming". Il faut dire que l'application héberge à ce jour plus de ce 6 millions de jeux, plus ou moins loufoques et aboutis, mais tous développés par sa communauté. Dans le lot, on trouve des copycats de 2048, Flappy Bird mais aussi des créations originales. Les plus populaires d'entre eux ont déjà généré plusieurs centaines de milliers de parties… et pas un centime de dollars de revenus. L'un des chantiers numéro 1 d'Hospcotch est désormais la monétisation.

Financés grâce à une première levée de fonds de près de 3 millions de dollars auprès d'investisseurs tels que Resolute Ventures, Collaborative Fund, Kapor Capital, Jocelyn Levitt et son équipe ont pris le parti d'attendre avec de déployer un quelconque business model. "Nous devrions proposer à terme une version freemium, avec une expérience de base gratuite et des paiements in-app pour les développeurs qui veulent accéder aux fonctionnalités les plus abouties", envisage-t-elle.

Si les jeux développés via Hospcotch sont pour l'instant uniquement accessibles au sein de l'application, Jocelyn Levitt et son équipe de 7 collaborateurs réfléchissent au moyen de les exporter dans l'App Store. En faisant d'Hopscotch un éditeur de jeux qui partagerait les revenus générés par la publicité et le paiement in-app avec les développeurs ? Jocelyn Levitt ne ferme pas la porte… mais ne semble pas non plus décidée à l'ouvrir tout de suite. "Cela pourrait effectivement être très rémunérateur d'un point de vue business mais ce n'est pas vraiment une option à court-terme."

La priorité aujourd'hui, c'est l'optimisation de l'expérience utilisateur sur l'application iPhone, "plus difficile, tant l'écran est plus petit que sur iPad", dans les versions anglaises et espagnoles. "Nous aimerions également mettre nos utilisateurs les plus actifs au cœur du développement de l'application en les incitant à écrire leur propres nouvelles fonctionnalités", confesse-t-elle.

La dimension communautaire de l'application, déjà très forte, pourrait d'ailleurs en faire une marketplace des applications. "Nous avons eu le cas de ce Vietnamien qui a demandé à la communauté s'il était possible de développer une application de reconnaissance vocale pour bébé, en vietnamien", illustre-t-elle. 

 

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