Snapchat Discover débarque en France avec 8 médias partenaires

Le Monde et L'Equipe expliquent ce qu'ils vont proposer à partir d'aujourd'hui au sein de la rubrique édito de l'application de partage de photos éphémères.

Après des mois de spéculations sur la date de son arrivée et l'identité des heureux élus, Snapchat Discover fait ses débuts ce jeudi 15 septembre dans l'Hexagone et embarque avec lui huit partenaires : Le Monde, Paris Match, L'Equipe, Melty, Cosmopolitan, Vice, Konbini et Tastemade.

Pour la première fois, la rubrique édito de l'application de partage de photos éphémères se décline dans une version non-anglophone. Lancée en janvier 2015 aux Etats-Unis, elle revendique aujourd'hui près de 100 millions de visites chaque mois, avec des éditions locales aux Etats-Unis, en Australie et au Royaume-Uni. De quoi susciter l'enthousiasme de médias français qui étaient nombreux à postuler.

"Discover va nous permettre de toucher une audience qui ne fréquente quasiment pas nos sites", s'enthousiasme le directeur du numérique de L'Equipe, Emmanuel Alix. Un constat confirmé par le croisement de l'audience mobile du quotidien sportif et celle de Snapchat dans Médiamétrie//Netratings. Même son de cloche du côté du Monde où Jean-Guillaume Santi, responsable des éditions Snapchat Discover du quotidien, annonce vouloir "parler à une audience plus jeune : le lecteur de demain".

Six collaborateurs au Monde, quatre à L'Equipe

Pour y arriver, il s'est entouré d'une équipe de six collaborateurs. Des journalistes mais aussi des spécialistes de la vidéo et du motion design. Autant de compétences que l'on retrouve également du côté des quatre collaborateurs que L'Equipe a dédiés à la tâche. Un "assemblage" indispensable pour coller aux attentes des utilisateurs de Snapchat où la mise en scène du contenu est au moins aussi importante que le contenu lui-même.

Capture d'un test Discover du Monde. © Le Monde

"Notre équipe aura pour mission de reformater et réécrire certains contenus du Web mais aussi de produire du contenu spécifique à l'application", précise Jean-Guillaume Santi. Le quotidien dit vouloir tester de nouveaux formats d'images et de vidéos, aidé par les équipes de Snapchat. "Ils nous expliquent ce qui est le plus efficace, forts de leur expérience avec la vingtaine de chaînes étrangères qu'ils ont accompagnées." A la clé, des enseignements et des réussites que, du côté de L'Equipe, on espère "pouvoir appliquer aux autres bassins d'audience de la marque".

Dans une rubrique qui n'autorise qu'une seule édition par jour (Snapchat réfléchit à supprimer la limitation en 2017), le choix de la fenêtre d'envoi est déterminant. Ce sera 17h30 pour Le Monde, 19 heures pour L'Equipe. Un choix qui, au Monde, s'appuie notamment sur les retours… des stagiaires de 3ème. "Nous avons beaucoup interrogé les jeunes sur leur utilisation de Snapchat et nous sommes rendus compte qu'ils étaient nombreux à consulter l'application sur le chemin du retour de l'école." Emmanuel Alix invoque, lui, des questions d'organisation pour justifier du timing. "Nous réfléchissons au lancement d'une deuxième édition, numérique, le soir. Discover va nous permettre d'aller dans ce sens."

Des comptes Snapchat qui ne seront pas abandonnés

Le lancement de leur rubrique Discover ne marque pas les premiers pas des deux médias sur Snapchat. Tous deux étaient déjà présents via un compte Snapchat traditionnel. Celui de L'Equipe compte près de 60 000 abonnés et le quotidien s'appuyera dessus pour pousser la rubrique Discover. "Les journalistes continueront à l'alimenter en contenus photos et vidéos pour montrer l'envers du décor des événements qu'ils fréquentent. Le compte Discover revêt lui l'habit plus classique d'une édition quotidienne", précise Emmanuel Alix.

Le compte du Monde ne sera pas non plus abandonné. "C'est le seul moyen de garder le contact avec nos lecteurs", explique Jean-Guillaume Santi. Impossible en effet pour un utilisateur de "répondre" à une édition Discover. Seules les Stories Snapchat d'un compte classique peuvent générer une interaction avec le lecteur. Jean-Guillaume Santi voit d'ailleurs le compte Snapchat évoluer vers du reportage, "avec des Stories prises sur le vif". Le Monde en est encore au stade de la réflexion.

Un aperçu d'un contenu de L'Equipe sur Snapchat Discover. © L'Equipe
 

Emmanuel Alix ne s'en cache pas. L'Equipe espère rentabiliser l'investissement humain assez rapidement. Si les équipes de Snapchat aideront à la commercialisation des espaces publicitaires, elles ne sont pas encore en place. Le patron de Snapchat France, Emmanuel Durand, ne prendra ses fonctions que début octobre. C'est donc pour l'instant la régie du quotidien sportif qui se charge de promouvoir l'espace. "Elle a déjà vendu plusieurs campagnes à des CPM très intéressants."

Des CPM de l'ordre de la vingtaine d'euros

Format vidéo oblige, le CPM d'une campagne Snapchat avoisine la vingtaine d'euros. "Les annonceurs sont aussi excités que nous", explique Emmanuel Alix. Ne reste donc plus qu'à séduire les près de 8 millions d'utilisateurs actifs quotidiens que revendique Snapchat en France.

 

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