Face à la fronde des actionnaires, Zuckerberg fait machine arrière

Le fondateur de Facebook avait prévu un redécoupage des titres lui donnant plus de contrôle pour financer ses projets philanthropiques. Mais il a renoncé face à une class action.

Mark Zuckerberg a beau avoir recruté David Plouffe, le stratégiste de Barack Obama, il n'a pu résister à la vindicte des actionnaires. Vendredi, le CEO de Facebook a indiqué qu'il renonçait à son projet de reclassification des titres de la société, qui auraient encore renforcé son contrôle sur le réseau social. Dans le détail, le plan prévoyait de créer une troisième classe d'actions, de façon à ce que même si le dirigeant et sa femme cèdent 99% de leurs titres en faveur de leur fondation, il garderait une majorité de 60% du capital et continuerait ainsi à présider à la destinée de sa société.

Le groupe a accepté de fournir aux enquêteurs du Congrès plus de 3 000 publicités financées par les Russes

Mais des investisseurs institutionnels de la société se sont élevés contre cette mesure et ont lancé une "class action" dans le Delaware afin de lui barrer la route. Une semaine avant d'être obligé de témoigner devant un juge, Mark Zuckerberg a donc décidé de faire machine arrière et a jugé que grâce à la bonne performance du titre, qui a gagné 42% depuis le début de l'année, " je peux totalement financer notre philanthropie et garder le contrôle sur Facebook pour 20 ans ou plus ". Et d'indiquer qu'il comptait vendre entre 35 et 75 millions de titres dans les 18 prochains mois, soit plus de 12 milliards de dollars au niveau actuel du titre, pour financer des projets dans l'éducation et la science.

Ce retrait montre à quel point les structures d'actions adoptées par de grands noms de la Silicon Valley comme Google et plus récemment Snapchat, deviennent de plus en plus impopulaires auprès des investisseurs. En outre, Mark Zuckerberg est de plus en plus mis en cause pour l'incapacité du réseau social à bannir et signaler les publicités racistes ou encore la manipulation politique par des hackers russes. La semaine dernière, le groupe a accepté de fournir aux enquêteurs du Congrès plus de 3 000 publicités financées par les Russes ainsi que les noms des comptes qui financent des publicités politiques sur le site. Sheryl Sandberg, la COO du réseau social, s'est publiquement excusée après les révélations selon lesquelles les annonceurs pouvaient sélectionner des groupes racistes et antisémites sur Facebook pour diffuser leurs messages.

Un plan marketing sur Facebook de 400 millions de dollars pour faire gagner Donald Trump

Comme nombre de géants technologiques, Facebook fait donc face à un important risque de réputation et a d'ailleurs annoncé qu'il allait renforcer la sécurité sur le réseau social pour prévenir ces dérives. Un "réveil tardif" selon le New York Times, qui pointe du doigt la manière dont Mark Zuckerberg avait rejeté toute potentielle implication des Russes dans l'élection américaine comme fantaisistes. Aujourd'hui, une enquête indépendante conduite par Robert Mueller doit donner ses conclusions sur le réel impact des piratages russes, et pourrait mettre en cause Jared Kushner, le gendre du Président, qui aurait mis en place un plan marketing sur Facebook de 400 millions de dollars pour faire gagner Donald Trump.

La capacité de Mark Zuckerberg à garder prise sur le réseau social et ses plus de 2 milliards de membres est cruciale, surtout à un niveau personnel. Le trentenaire a annoncé qu'il visiterait les 50 Etats américains cette année, ce qui a donné lieu à de nombreuses spéculations sur sa volonté de se présenter un jour à la Maison Blanche. Mais il doit d'abord surmonter le syndrome "Frankenstein" selon le New York Times, et démontrer qu'il sait maîtriser son immense réseau social, mais a aussi conscience des dangers de l'intelligence artificielle. Une responsabilité immense pour celui qui a tout simplement pour mission de "rapprocher le monde ensemble" ou encore de "guérir toutes les maladies"

Article originel publié sur WanSquare le 25/09/2017.

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