Claude Perdriel cherche un nouvel actionnaire pour le Nouvel Obs

Le cofondateur de l'hebdo cherche un partenaire financier capable d'injecter 5 à 6 millions d'euros. Alors que la crise gronde chez Rue89, il explique ne pas regretter l'achat du pure player.

Claude Perdriel prépare sa succession. Celui qui est encore président du directoire du groupe Nouvel Observateur a expliqué au Figaro chercher  "dès maintenant, un ou plusieurs actionnaires qui prennent une partie du capital, majoritaire ou minoritaire, du Nouvel Observateur [le magazine,ndlr]". Ce ou ces partenaires financiers pourraient participer à une augmentation de capital comprise entre 5 et 6 millions d'euros qui devrait permettre au newsmag (qui a perdu 7 millions d'euros en 2013) d'assainir ses finances et de repartir dans une logique d'investissement.

Interrogé sur le profil idéal de cet investisseur, Claure Perdriel a expliqué chercher des personnes "qui puissent garantir l'indépendance éditoriale et la ligne politique sociale-démocrate du journal". Confessant avoir une "grande admiration pour Xavier Niel", il reconnait que le trio Niel-Pigasse-Bergé correspond à sa définition, d'autant qu'un rapprochement entre le Nouvel Obs et le Monde aurait du sens. Rappelons qu'il avait lui-même concouru au rachat du Monde, il y a trois ans, s'associant à Orange dans cette entreprise mais échouant face au trio.

Se pose également la question du sort de Rue89, le pure player racheté il y a deux ans moyennant 7,5 millions d'euros. Claude Perdriel dit ne pas regretter l'opération, rappelant que "le site perdait de l'argent, il était en péril". Et conscient néanmoins que financièrement, il est évident qu'il n'a pas fait une bonne affaire. Au-delà de la survie de Rue89, l'opération devait également permettre au groupe de Claude Perdriel d'asseoir sa position sur le Web et rivaliser en audience avec des groupes tels que le Monde et le Figaro. Rue89 comptait en effet pour plus de 30% de l'audience Web du groupe au mois d'octobre selon Médiamétrie // Netratings.

Reste que la modification des règles de calcul d'audience imposée par ce dernier, avec l'arrêt du co-branding et de la double marque, a obligé le Nouvel Observateur à faire basculer Rue89 dans la catégorie des "fournisseurs de contenus", avec changement de l'url de la home et du logo. Un passage obligé pour le groupe, sous peine de ne plus pouvoir intégrer l'audience de son pure player. Mais une décision contestée par la rédaction de Rue89 qui vient de voter la grève, refusant de voir le site rétrogradé "au rang d'apporteur de contenus' pour Médiamétrie et sacrifiant l'identité de notre Rue'. 

 

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