Adblock Plus : Google, Amazon, eBay et Microsoft cèdent et paient

Microsoft, Google, Amazon, eBay... Les exceptions au blocage de la publicité sur Adblock Plus se multiplient à mesure que les éditeurs rétribuent son éditeur pour les whitelister.

On savait déjà qu'Adblock Plus laissait passer les publicités en format texte de Google, Amazon, eBay et Yahoo (lire notre enquête). Le Financial Times révèle aujourd'hui que Microsoft et le générateur de trafic Taboola rétribueraient eux aussi le bloqueur de publicité afin de les intégrer dans sa whitelist. Créé par la société allemande Eyeo, Adblock Plus aurait été téléchargé 300 millions de fois et compterait 50 millions d'utilisateurs uniques mensuels, ce qui en ferait le bloqueur de publicité le plus populaire aujourd'hui sur le Web. Le business model d'Eyeo est de faire payer les plus gros acteurs, afin qu'ils puissent afficher des publicités "non intrusives", le plus souvent en format texte, aux utilisateurs d'Adblock Plus. Pour cela, la société demande 30% du chiffre d'affaires généré, ou plusieurs centaines d'euros par mois par URL débloquée.

Une pratique qui confinerait au racket, selon les éditeurs, qui sont souvent à le peine pour monétiser leur service. Plutôt un service rendu aux internautes pour son cofondateur, Till Faida, qui expliquait dans une interview accordée au JDN : "Nous voulons juste trouver un juste équilibre dans cet écosystème pollué par les publicités intrusives".

Selon PageFair et Adobe, 144 millions d'internautes dans le monde utiliseraient un logiciel de ce type, un nombre en augmentation de 70% en un an.

En France, un des pays les plus impactés, le taux d'utilisation d'ad-blockers était proche des 17% au cours du mois de mai 2013, selon une étude de Clarity Ray. Ramené aux près d'1 milliard d'investissements publicitaires digitaux (estimations SRI) qui étaient visés par les solutions d'ad-blocking en 2013, après exclusion du SEM, de l'e-mailing, des comparateurs, du mobile et d'une partie de l'affiliation, le manque à gagner avoisine les 150 millions d'euros. Mais la riposte des éditeurs s'organise, qu'elle soit juridique, ou technologique.

 

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