Quel business model pour la presse en ligne ? Audiences : la presse traditionnelle devance les pure players

France Soir et La Tribune ont récemment annoncé se tourner vers le tout numérique pour des raisons financières, signe d'un manque de rentabilité pour les titres de presse présents dans les kiosques. Faisant désormais du Web leur nouveau cheval de bataille, les sociétés de presse suivent tour à tour les pas des pure players dont le déploiement s'est accéléré après la création de Lepost.fr et de Rue89 en 2007. Fort de leurs moyens, les "marques média" ont davantage de possibilités d'innovation en ligne. Mais qui des pure players et de la presse traditionnelle en ligne saura monétiser son audience ?


Le graphique ci-dessous représente les audiences cumulées et regroupées par catégorie de sept pure players et de cinq titres de presse papier en ligne. Le constat est frappant : le bénéfice de notoriété des titres de presse en ligne a permis aux acteurs historiques de capitaliser sur leur audience pour faire du Web un pilier de leur croissance, avec une progression de près de 40% en moyenne entre octobre 2010 et octobre 2011. Chez les pure players, la tendance est à la baisse, avec une audience moyenne en recul de 8,6% sur la dernière année.


evolution de l'audience cumulée de la presse en ligne et des pure players sur un
Evolution de l'audience cumulée de la presse en ligne et des pure players sur un an © ComScore


 

Le pic d'audience ressenti au mois de mai pour l'ensemble des acteurs est uniquement dû aux événements à caractère exceptionnel survenus durant cette période, parmi lesquels on peut citer le printemps arabe, l'affaire DSK ou encore de l'incident nucléaire de Fukushima.

Si les pure players ont vu leur audience chuter sur les douze derniers mois, des sites comme Rue89 ou Mediapart sortent toutefois du lot. Mediapart a su diviser ses pertes par deux pour atteindre 1,35 million d'euros à fin 2010. Pour fin 2011, La société éditrice de Mediapart espère atteindre la rentabilité. Chez Rue89, les pertes ont baissé de plus de 40% entre 2009 et 2010.

 


La croissance de l'audience des grandes marques média est largement soutenue sur la Toile comme l'indique le tableau ci-dessous, ce n'est pas pour autant que leurs revenus ont suivi la même progression. Pourquoi ? D'un côté, leurs politiques d'investissement numérique engendrent des coûts exceptionnels liés par exemple à l'acquisition de portails verticaux et de l'autre les ventes en kiosques poursuivent leur chute. Mais tous s'accordent de dire que les investissements dans les nouveaux médias porteront à terme leurs fruits.


Media / Mediapart