Le gouvernement pourrait racourcir le délai avant la sortie des films en SVOD

La profession ne parvient pas à trouver un accord qui permettrait aux services de vidéo à la demande sur abonnement de diffuser des films de moins de 3 ans.

Le gouvernement souhaiterait, conformément aux préconisations du rapport Lescure, que les offres de vidéo à la demande sur abonnement incluent des films plus récents qu'aujourd'hui. L'idée serait de ramener à un an et demi, au lieu de trois ans actuellement, le délai minimal entre la sortie d'un film en salles et sa commercialisation sur les services de SVOD. Mais après six mois de discussions, la profession demeure largement opposée à cette idée.

"Netflix ou Amazon s'engouffreront dans la brèche, mettait en garde Nonce Paolini, PDG de TF1, lors des rencontres cinématographiques de Dijon le 25 octobre. Les chaînes de télévision ne pourront plus participer au financement du cinéma. Leur équation économique deviendra impossible." Rodolphe Belmer, directeur général de Canal+, est sur la même ligne : "Ne nous laissons pas embarquer dans du modernisme pour remettre en cause un système qui marche". Le dirigeant ajoute que le système américain est en réalité bien plus contraignant que le système français. Ainsi, Netflix propose "zéro film en première fenêtre de diffusion en ce moment. Son succès s'est fait uniquement avec des films de catalogue, vieux de plus de deux ans en général".

La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, ne dispose donc que du soutien des auteurs (SACD) et des réalisateurs (ARP). Faute d'un accord au sein de la profession, le gouvernement pourrait imposer ce raccourcissement. "Il faut qu'un compromis soit trouvé sur la VOD par abonnement, sinon une disposition législative pourrait intervenir" indiquait la ministre il y a deux semaines.

Tf1 / VOD