Bordeaux Primeurs 2015 : que faudra-t-il acheter ?

Le mois d’avril 2016 approche et la campagne des Bordeaux Primeurs ne va pas tarder à démarrer. Cette année, le millésime 2015 sera à la vente, et c’est un événement puisqu'il s’agit d’un millésime "exceptionnel". Faudra-t-il en acheter pour investir ou se faire plaisir ?

Le Bordeaux 2015 qualitativement proche du 2005

Tout d’abord rappelons que les premières dégustations montrent que le millésime 2015 devrait être d’un niveau qualitatif proche de celui de 2005. C’est-à-dire, pas tout à fait du niveau de 2009 et 2010 (sauf exceptions), mais nettement supérieur aux quatre derniers millésimes. Tout comme le 2005, on s’attend à un millésime classique, assez serré dans les premières années et disposant d’un long potentiel de garde.




























Le tableau ci-dessus (source Cavissima) propose un indice prix de sortie moyen des Grands Crus Classés de Bordeaux et une note qualitative sur 5 pour chacun des 8 derniers millésimes. On comprend que le prix est généralement corrélé à la qualité du millésime et des conditions de marché. Les Grands Crus de Bordeaux sont toujours plus chers quand un millésime est jugé exceptionnel.

Les prix de sortie du millésime 2005 avaient doublé par rapport à ceux du millésime 2004. Les prix du 2009 sont presque 3 fois plus chers que ceux du millésime 2008.

Côté économique, les conditions de marché sont moins favorables que celles que nous avions lors du lancement des 2005 et des 2009. Robert Parker n’est plus là non plus pour distribuer les excellentes notes, favoriser la hausse des prix et stimuler la demande. Les acheteurs chinois et russes sont moins présents. Le dollar est cependant favorable aux acheteurs américains. Le vin de Bordeaux est moins en vogue du fait d’une exagération des prix des millésimes 2009 et 2010 et du manque d’attrait des dernières campagnes primeurs.

Se préparer à des prix similaires à ceux du 2005

Compte tenu des éléments macro-économiques, nous ne serions pas surpris si les prix de sorties du Bordeaux 2015 retrouvaient les niveaux atteints par ceux du millésime 2011 qui, par ailleurs, étaient sensiblement identiques à ceux du 2005. Si tel était le cas, nous pourrions envisager un parallèle entre le millésime 2005 et le millésime 2015. Dans ce cas, et d’un point de vue investissement, précisons que l’évolution des prix du 2005 a été lente dans les 5 premières années, pour finir malgré tout sur une moyenne annuelle de 9% entre la sortie en avril 2006 et le mois de mars 2016. En tête du palmarès on citera : Le Petit Mouton, Clos Fourtet, Smith-Haut-Lafitte (hausse moyenne annuelle supérieure à 10%).

Dans tous les cas de figure, précisons encore que les grands millésimes font l’objet d’une bien meilleure liquidité que les millésimes intermédiaires ; voici déjà une bonne nouvelle pour ceux qui souhaitent investir dans le vin. Si l’investissement dans le vin n’entre pas dans votre objectif, l’achat de vins d’un grand millésime dans des niveaux de prix variés nous apparaît comme intéressant. Souvent les châteaux plus modestes et moins spéculatifs (gamme de prix inférieure à 40 euros TTC) restent plus modérés dans leur positionnement prix. C'est le moment d’en profiter.

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