De quoi sera fait 2017 pour le marché mondial de la fintech ?

2016 fut un terreau autrement plus fertile pour l’innovation que 2015. Nous avons vu une réelle évolution dans la façon dont la société perçoit les services financiers. Fini l’attrait pour les innovations grand public tape-à-l’œil, place à ce qui compte vraiment et peut changer la vie du plus grand nombre !

Le Brexit et la future politique de Donald Trump en matière d’affaires publiques, associés à la crise des migrants en Europe, conduisent le monde à ouvrir les yeux sur les millions de personnes marginalisées par la société. Cette prise de conscience présente l’avantage d’ouvrir la voie à la conception de produits innovants dédiés aux besoins et attentes spécifiques de ces populations.

 

Cette période tumultueuse a fait jaillir une multitude d’idées réjouissantes, telles que les nouvelles "banques challengers", le financement des PME, les blockchains et les regtech dans les pays industrialisés. Ces dernières sont les plus connues, voici ce que nous ce que nous projetons pour 2017 :

 

Les portefeuilles électroniques mobile money vont contribuer de plus en plus à stabiliser l’économie

 

Le monde compte 2 milliards de personnes dépourvues d’un compte bancaire, principalement dans les pays émergents, mais plus de la moitié disposent d’un téléphone portable.

 

Certains pays ont déjà bien compris à quel point la stabilité financière et la stabilité politique sont étroitement liées. Ils promeuvent depuis de nombreuses années des stratégies nationales d’inclusion financière pour intégrer à l’économie les populations qui en sont écartées. Aujourd’hui, ces pays vont un cran plus loin en mettant en avant l’importance des technologies mobiles pour mettre les services financiers à la portée des citoyens.

 

Selon une étude de la Banque mondiale sur les paiements digitalisés, les paiements électroniques représentent un point d’entrée dans le système financier classique.


Les paiements en ligne ont une multitude d’avantages : ils sont plus rapides que ceux effectués en liquide, contribuent à juguler la corruption et les délits, réduisent les frais des prestations sociales versées en espèces, offrent de nouveaux points d’entrée au système financier à ceux qui en sont exclus et, surtout, participent à l’émancipation économique de ces citoyens.


L’exemple de l’Inde

Le gouvernement indien s’est longtemps focalisé sur l’inclusion financière assurée par les banques. Elles étaient les seules autorisées à enregistrer des dépôts et des retraits d’argent. Le tout avec un succès mitigé puisque d’après la Banque mondiale, dans son rapport sur l’inclusion financière, 43% des comptes bancaires en Inde (soit 195 millions) étaient inactifs à la fin de 2014.

 

Ce constat a conduit à un changement de politique : cette année, la Banque centrale a pris la décision historique de permettre à des entités non-bancaires de proposer des services financiers sur des appareils mobiles. Résultat, 11 nouvelles "banques de paiement" se sont vues octroyer une licence, principalement des services de mobile money.

 

Si ces nouveaux services en sont encore à leurs débuts, l’impact potentiel sur la population indienne est tangible. Malgré une tentative de démonétisation faite dans la hâte fin 2016, l’adoption des services de paiement mobile connaît une croissance soutenue. Des opérateurs tels que Airtel et Vodafone ciblent ainsi les tranches de la population aux plus bas revenus écartées des services financiers.

 

Même PayTM, principal fournisseur de services de paiement mobile (détenu en partie par Alibaba) en Inde, a annoncé qu’il migrait son activité de portefeuille mobile vers sa banque de paiement afin de faciliter les transactions réalisées en espèces à destination de supports digitaux.

L’exemple du Pérou  

Une coentreprise créée par le gouvernement et 30 grandes institutions financières péruviennes a permis d’aboutir à un système de paiement et de banque sur appareils mobiles accessible à tous les citoyens, surtout les 78% dépourvus d’un compte bancaire classique.


Encore à ses débuts, ce service baptisé Bim ambitionne d’améliorer grandement la productivité et de doper le commerce dans un pays où les infrastructures de paiement pâtissent de ses reliefs. Plus de 39% des districts ne disposent ainsi pas d’une banque ou d’un distributeur. Pour régler une facture d’électricité, les Péruviens sont nombreux à devoir parcourir de nombreux kilomètres pour s’en acquitter en espèces. 

 

Le projet Bim s’est inspiré des expériences d’autres pays où les services financiers sur appareils mobiles sont en plein essor.

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