Les marchés émergents pourraient être l'affaire de la décennie

L'un des plus grands spécialistes des placements explique pourquoi il vaut désormais mieux miser sur les actions de ces pays que sur celles des pays développés.

De plus en plus inquiets au sujet de la croissance et de la stabilité, les investisseurs ont fui les actions des marchés émergents au cours des dernières années.

Mais les actions de ces pays semblent idéales pour un comeback massif, selon Christopher Brightman, directeur des investissements chez Research Affiliates, sous-conseiller pour PIMCO.

"Quand nous regardons dans le rétroviseur, nous réalisons que la période baissière dans les marchés émergents a été pénible", a-t-il déclaré dans une publication sur le blog de PIMCO.

"Mais malgré cela, lorsque nous regardons devant nous, ces mêmes catégories d'actifs offrent le rendement potentiel le plus élevé aux investisseurs opportunistes d'aujourd'hui. Par conséquent, l'exode des marchés émergents constitue une fantastique opportunité – et peut-être même l'affaire de la décennie – pour un investisseur à long terme.

Brightman a expliqué que les investisseurs ont eu de nombreuses raisons de s'inquiéter au sujet des économies des marchés émergents – le ralentissement de la croissance économique chinoise, la chute des prix des matières premières, les préoccupations géopolitiques – mais ces inquiétudes ont, pour la plupart, été prises en compte.

"Nous comprenons les investisseurs inquiétés par ces événements et reconnaissons que cette peur compréhensible est à l'origine des prix dérisoires d'aujourd'hui, a déclaré Brightman. Si les marchés ne sont pas performants, ils ne sont pas non plus irrationnels."

Brightman a mis en avant l'actuel coefficient de capitalisation des résultats de Shiller pour ces marchés émergents, corrigé de l'inflation.

Voilà son propos (l'emphase est de nous) :

Depuis le 31 janvier 2016, les actions des marchés émergents sont valorisées à un ratio cours sur bénéfices de 10 fois, se situant dans le 4e centile le plus bas depuis 1990. Au cours des 25 dernières années, le ratio cours sur bénéfices des marchés émergents est passé sous cette barre à six reprises. Comment ces actions ont-elles performé après avoir atteint des ratios d'un tel niveau ? Cinq ans plus tard, les actions des marchés émergents ont généré un rendement cumulatif moyen très impressionnant de 188% !

PIMCO/Research Affiliates. © PIMCO/Research Affiliates

Comme nous l'avons précédemment évoqué, UBS a indiqué que miser sur les marchés américains et contre les marchés émergents est devenu si commun que la bulle spéculative n'est pas loin. UBS a également souligné que la hausse du taux directeur de la Fed, et que la faiblesse du dollar récemment, a "créé les conditions pour que les actions des pays développés réalisent une moins bonne performance que leurs homologues des marchés émergents."

C'est la raison pour laquelle Brightman plaide pour un pari sur les marchés émergents.

Comme l'a mentionné son collègue Robert Arnott dans le même post, les classes d'actifs qui semblent être les pires sont les plus susceptibles de surperformer.

"Quand la peur et le pessimisme sont endémiques, même les petites pertes sont douloureuses pour les investisseurs. La réaction naturelle est d'évacuer ce qui est douloureux", explique Arnott.

"Et pourtant ce sont la peur et le pessimisme qui engendrent les prix d'aubaine. Ces prix ne peuvent exister sans la peur !"

 

Article de bob Bryan. Traduction de Soraya Bouznada, JDN

Voir l'article original : "One top investment pro thinkis emerging markets could be the trade of the decade"

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