Pourquoi ce gestionnaires de fonds a abaissé ses prévisions de croissance

Trois raisons ont poussé l'un des principaux acteurs britanniques à revoir à la baisse ses estimations pour l'économie mondiale. D'après certains analystes, les Etats-Unis risquent même d'entrer en récession.

La croissance mondiale semble fragile.

Le prix du pétrole stagne à 30 dollars le baril (chiffre de mars 2016, NDLR) – bien en deçà du prix à trois chiffres qu'il avait atteint à l'été 2014. La Chine fait face à un surendettement et à une crise de la dette et boursière et certains analystes craignent que les Etats-Unis entrent une nouvelle fois en récession.

Tous ces éléments ont des répercussions similaires sur les marchés émergents et les économies développées.

Ces trois principales raisons ont poussé le chef économiste de Shroders, l'un des plus importants gestionnaires de fonds britanniques, à revoir à la baisse ses prévisions de croissance mondiale pour 2016.

Keith Wade table désormais sur croissance mondiale de 2,4% (contre 2,6% précédemment) en 2016. Voici ce qu'il a écrit dans une note envoyée à Business Insider :

"Nous avons revu à la baisse nos prévisions en raison des légères baisses des marchés développés et émergents."

"Nos prévisions d'inflation pour les économies développées en 2016 ont également été révisées à la baisse en raison des cours très bas du pétrole. En revanche, l'inflation dans les marchés émergents est plus élevée, en grande partie à cause de la dépréciation monétaire et de l'augmentation des prix administrés."

"Nos prévisions pour 2017 ont peu changé, avec une croissance progressant timidement en grande partie en raison d'une activité plus stable dans les marchés émergents."

L'agence de notation Moody's a abaissé à "négative" la perspective de la note de la Chine donnant à penser qu'il existe une chance sur trois pour que le groupe rétrograde la note chinoise, alors à Aa3, dans les mois à venir.

Moody's a justifié sa décision par trois raisons : des indicateurs fiscaux de plus en plus fébriles, une baisse constante des tampons de réserves en raison des sorties de capitaux de plus en plus rapides, et des incertitudes quant à la capacité des autorités à mettre en œuvre des réformes que le groupe estime nécessaires pour remédier aux déséquilibres de l'économie.

Les cours du pétrole dégringolent de nouveau aujourd'hui et perdent presque 2%, s'établissant ainsi à 33,75 dollars le baril, bien loin des 100 dollars par baril un an et demi plus tôt.

Investing.com

A cause du faible niveau du prix de l'or noir, certains analystes comme Jason Schenker, président et chef économiste de Prestige Economics, alertent sur le risque que les Etats-Unis entrent en récession.

"Le prix du pétrole ne repartira pas à la hausse suffisamment vite pour empêcher les défaillances d'entreprise", a déclaré Shenker à Business Insider.

"Puis, il y a un réel risque de contagion qui se propagera, dans un premier temps, aux entreprises financières, puis au reste de l'économie."

Selon Shenker, cela signifie que l'économie américaine entrera en récession soit fin 2016 ou début 2017.

 

Article de Lianna Brinded. Traduction de Soraya Bouznada, JDN

Voir l'article original : "One of Britain's biggest fund managers said 3 factors forced it to cut global gowth predictions"

 

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