Voilà comment investir dans la prochaine start-up à succès

Plateformes de crowdequity, FCPI, mandat de gestion… Ces modes d’investissement vous permettent de financer des pépites en devenir et parfois même de défiscaliser vos revenus.

Envie de mettre des billes dans le prochain Criteo ? Vous pourriez légitimement. Car miser sur la bonne entreprise innovante, ce qu'avait fait en 2006 le fonds de capital-risque Idinvest Partners en entrant au capital du spécialiste français du ciblage publicitaire sur Internet, peut rapporter gros. Cerise sur le gâteau, ce type de placements ouvre parfois à un avantage fiscal. Reste à savoir comment faire pour prendre part au financement de pépites en puissance.

Investir en direct dans des sociétés innovantes est notamment possible en passant par une plateforme de crowdequity

Première possibilité qui s'offre aux particuliers, investir en direct dans ces sociétés. C'est notamment possible en passant par une plateforme de crowdequity, comme Anaxago, SmartAngels ou Wiseed. Et pour peu que le destinataire de vos deniers soit éligible à la réduction d'impôt sur le revenu prévu par la loi Madelin ou, car les deux dispositifs ne sont pas cumulables, à la réduction d'ISF prévue par la loi Tepa, vous aurez fait d'une pierre deux coups.

Une solution qui n'emballe pas le conseiller en gestion de patrimoine Yves Gambart de Lignières : "Faire la sélection d'entreprises soi-même, c'est courir le risque de se faire avoir sur la valorisation, car on est malgré tout dans l'affectif. Si on a une culture un peu techno, par exemple, on va avoir tendance à soutenir les entreprises où la dimension technique est très présente…". Le professionnel du conseil financier convient que le risque de surpayer son investissement est toutefois plus faible lorsque l'entreprise est cotée en Bourse : "La valorisation est plus pertinente que dans le non coté, puisqu'au moins le marché financier fait son travail d'efficience".

Mais selon le CGP, pour investir dans des entreprises innovantes, le mieux est encore de passer par un fonds de capital-investissement type FCPI (pour Fonds commun de placement dans l'innovation). Il recommande notamment deux sociétés de gestion : Idinvest (tiens, tiens) et Truffle Capital qui, justement, ouvre à la commercialisation son nouveau FCPI, baptisé FCPI Truffle InnoCroissance 2016, ce lundi 11 avril.

Les souscripteurs de parts de FCPI bénéficient, sous conditions, d'un avantage fiscal

Comment ça fonctionne ? L'investisseur achète des parts du fonds qui sera diversifié sur une quinzaine d'entreprises éligibles. C'est-à-dire ? Des PME au sens européen du terme (moins de 2 000 salariés) ayant un penchant pour l'innovation qui se manifeste par les dépenses de R&D réalisées (au moins 10% des charges au cours de l'exercice précédent) et – cette exigence a été introduite par la dernière loi de Finances – ayant moins de 10 ans.

Autre contrainte pour la société de capital-risque : investir au moins 70% du fonds dans ces sociétés. Il s'agit de la quote-part minimale pour pouvoir proposer aux investisseurs une réduction d'impôt. Car oui, les FCPI font partie des véhicules d'investissement qui permettent à leurs souscripteurs de bénéficier d'avantages fiscaux.

Pour sa part, Truffle Capital investit 90% du fonds dans ces entreprises, ciblant en particulier celles qui sont issues des sciences de la vie/cleantechs et des technologies de l'information, ce qui permet aux investisseurs de bénéficier d'une réduction d'ISF de 45%, plafonnée à 18 000 euros de réduction, la réduction d'ISF correspondant à 50% de la quote-part investie par le FCPI.

Dans le cadre de la défiscalisation à l'impôt sur le revenu, le calcul de la ristourne diffère quelque peu : elle est égale à 18% du montant des versements, dans la limite de 12 000 euros de réduction pour un célibataire (24 000 euros pour un couple marié ou lié par le Pacs).

"Certains clubs de business angels se font coller : au bout de 15 ans, personne ne rachète leur participation"

Autre atout, et pas des moindres, des FCPI, le potentiel de performance qu'ils offrent. "Il n'est pas garanti, prévient Sneha Hiremath, directrice du développement chez Truffle Capital, mais il n'est pas plafonné non plus. Nous avons des fonds dont les valorisations vont jusqu'à plus de 100% au-delà de la valeur nominale. Cinq de nos fonds affichent des performances entre +47% et +120%, hors avantage fiscal et net de frais. Il s'agit de fonds qui ont passé la période de blocage fiscal – l'investisseur doit en effet conserver ses parts de FCPI pendant au moins 5 ans à compter de la date de souscription, NDLR – et sur lesquels nous sommes en train d'effectuer des sorties. C'est à ce moment-là qu'on peut commencer à faire un travail actif sur la cession des participations et à faire de la performance."

Un argument qui plaide, une fois encore, en faveur des FCPI, selon le conseiller financier Yves Gambart de Lignières : "C'est bien beau de vouloir investir mais il faut que quelqu'un vous rachète. Certains clubs de business angels se font coller : au bout de 15 ans, personne ne rachète leur participation. A l'inverse, les grandes sociétés de gestion se blindent au niveau des clauses de rachat. Au bout de 8 à 10 ans, elles obligent le dirigeant à racheter la part du fonds ou à trouver un autre fonds pour lui racheter sa part sur le marché secondaire".

Mais malgré les charmes qu'il déploie, le FCPI n'est pas exempt de tout reproche. D'abord, le risque de perte en capital existe. On peut également lui opposer son manque de liquidité, puisque l'épargne investie est immobilisée pendant la durée de vie du fonds, c'est-à-dire sur 7 à 10 ans. Enfin, les frais de gestion annuels sont relativement élevés, autour de 4,5% (4,25% pour le FCPI de Truffle Capital). "Ils sont généralement moindres dans le cadre des Fonds professionnel de capital investissement (FPCI)", assure le conseiller en gestion de patrimoine.

L'incitation fiscale est plus forte dans le cadre d'un mandat de gestion que d'un FCPI, mais le ticket d'entrée est plus élevé

Les FPCI fonctionnent à peu près comme les FCPI, précise-t-il – à une lettre près, le contraire eut été dommage – sauf qu'il n'y a pas d'avantage fiscal à l'entrée (mais une exonération d'impôt sur la plus-value au-delà de 5 ans, sauf prélèvements sociaux) et que les frais de gestion se situent plutôt autour de 2 à 3% par an. Toutefois, le ticket d'entrée, lui, donne le tournis : comptez au moins 100 000 euros. A moins de frapper à la porte de certaines sociétés de gestion. "123Venture s'arrange pour agréger un certain nombre d'investisseurs et on peut descendre à un peu moins de 20 000 euros, ce qui est déjà plus accessible", explique Yves Gambart de Lignières.

Autre mode d'investissement qui, lui non plus, n'est pas à portée de toutes les bourses : le mandat de gestion. "Les maisons qui proposent un FCPI proposent souvent un mandat pour atteindre les gros patrimoines", raconte le CGP. C'est effectivement le cas de Truffle Capital. L'avantage, par rapport au FCPI, c'est que le plafond de la réduction d'ISF est plus élevé (45 000 euros contre 18 000).

Le mandat de gestion est toutefois moins diversifié et donc plus risqué que le FCPI. Cela s'explique par la durée du cycle d'investissement, plus courte dans le cadre d'un mandat de gestion. "Un FCPI, nous avons 14 mois pour le commercialiser et 30 mois pour le déployer. Dans le cadre du mandat de gestion, il faut que tout soit investi avant la date limite de déclaration d'ISF, c'est-à-dire avant 15 juin, le mandat de gestion étant réservé aux patrimoines supérieurs à 2,57 millions d'euros, détaille Sneha Hiremath. Alors dans un souci de qualité, nous investissons dans moins d'entreprises". Tant que ce sont les bonnes...

 

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