Enquête sur la cyber élite française :
5. Les réseaux de la Net économie

Par le Journal du Net (Benchmark Group)
URL : http://www.journaldunet.com/dossiers/cyberelite/001027zzcyberelites5.shtml

Le Journal du Net publie le premier Carnet des décideurs de la nouvelle économie. Cette base de données unique porte sur plus de 500 dirigeants d'entreprises de l'Internet français. Elle permet de dresser un portrait précis de la cyber-élite française.

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Loin de nous l'idée de réaliser une étude exhaustive sur les coulisses des relations croisées entre les acteurs de la nouvelle économie... Mais en décryptant le Carnet du JDNet, une question était sur toutes les lèvres : ce portrait de la cyber-élite française ne permet-il pas de déceler les racines des réseaux qui irriguent le Net busines hexagonal ?

Une première analyse rapide permet ainsi d'établir l'existence de rapports croisés évidents entre certaines d'entreprises de la nouvelle économie. Il n'est pas rare en effet que des dirigeants de sociétés Internet siégent au sein de plusieurs conseils d'administration. Ainsi, sur 560 dirigeants présents dans le Carnet du JDNet, plus d'un tiers (soit 230 personnes) siègent aujourd'hui dans (au moins) une autre société que la leur.

L'origine de ces sièges d'administrateurs multiples est de plusieurs natures. Tout d'abord, les capitaux-risqueurs sont les premiers à cumuler ces présences comme financeurs et donc comme associés. Chez les partenaires financiers des start-up figurent également des business angels, professionnels fortunés désirant miser sur quelques nouveaux poulains ou heureux entrepreneurs ayant déjà revendu partiellement, ou en totalité, leurs entreprises. Parmi eux, se trouve Loïc Le Meur qui, après avoir revendu B2L et Business Pace, s'est associé au capital de très nombreuses start-up (Marketo, Fimatex, Immostreet, Ski Horizon, Freelance.com...).

Une autre population pratique ce "jeu de chaise administrative" : les dirigeants qui siègent dans d'autres sociétés au nom de leur entreprise. C'est le cas de très nombreux groupes de l'économie traditionnelle qui ont pris des participations au sein du capital de sociétés de la nouvelle économie. Le réseau de la vieille économie rencontre alors celui de la Net économie...

Siégez-vous dans d'autres conseils d'administration que celui de votre société ?
Proportion
Oui
37,20%
Non
62,80%

Mais les réseaux de la cyber-élite ne se limitent évidemment aux seules participations capitalistiques. Le poids des diplômes est lui aussi capable de tisser sa propre toile. A la lecture du 3ème volet de cette enquête (lire Vous avez vos diplômes ?), il apparaît que quelques écoles ont formé plusieurs dizaines de patrons fondateurs de sociétés du secteur (HEC, Essec, Esc, Polytechnique...). Hors ces écoles sont également connues pour l'efficace activité de leurs associations d'anciens élèves, lesquelles contribuent à l'élaboration de ces réseaux informels d'anciens. François de Maublanc, co-fondateur du leader de la vente de fleurs en ligne, Aquarelle, énarque d'origine, relativise avec humour ces relations : "Pour ma part je me suis aperçu récemment, et avec amusement, que je n'étais pas le seul énarque dans le secteur. Le patron de Vizzavi est un ancien de ma promo 72. Je lui ai écrit mais et j'attends encore la réponse..."

D'autres réseaux, beaucoup plus informels encore, sont constitués d'anciens salariés qui ont appartenu au même groupe, ou cabinet de consulting, et qui se retrouvent dans la nouvelle économie. Parmi ceux-là, figure le réseau informel des anciens de la Compagnie Bancaire, groupe intégré à Paribas puis à la BNP. A leur tête : Jean-Michel Billaut, "le gourou de l'Internet français", aujourd'hui responsable de l'Atelier, cellule de veille technologique du groupe BNP-Paribas. Plusieurs anciens du groupe ont aujourd'hui rejoint ou créé des sociétés dans le secteur, comme Abdallah Hitti, de Result et Blue Line, ou Alain Silverston, associé chez Immostreet. L'Atelier lui-même, comme lieu de partage et d'échange entre investisseurs et entrepreneurs, cherche à créer une sorte d'embryon de réseau.

Parmi les tentatives de création de clubs pour les jeunes professionnels à la tête de start-up, on se souvient de la "dream team", créée par neuf PDG et qui a compté, à ses heures de gloire, jusqu'à une vingtaine de membres qualifiés "d'experts". A leur tête se trouvaient Thierry Hazan, le président de Winvote, ou encore Thomas Owadenko, le fondateur d'Akabi. L'objectif de l'association était de permettre à des entrepreneurs de la nouvelle économie de venir confronter leurs idées et recueillir des conseils auprès d'autres jeunes PDG du secteur.

Enfin d'autres germes de réseaux, plutôt générationnels, ne sont pas à négliger avec par exemple les liens unissant des pionniers de l'Internet comme Rafi Haladjian, PDG de Fluxus, François Benveniste, PDG d'Abcool, et Jean-Michel Planche, PDG de Witbe.net. Ici, la maturité devient le ciment.

 

  [Fabien Claire, JDNet]


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