Distributeur lavallois de
quincaillerie d'ameublement, Qama a ouvert qama.fr en 1999 pour
améliorer la prise de commmandes par les quincaillers détaillants.
"Même si on ne peut
pas dire que le site dope le chiffre d'affaires, il permet de
diversifier le choix du catalogue présenté par Qama
ainsi que de réduire les délais d'approvisionnement",
constate Pierre-Louis Lamballais, dirigeant de Parx, le prestataire
qui accompagne Qama sur Internet. D'après lui, le site
donnerait même à la société "une
avance de deux ans" sur ses concurrents.
Les deux objectifs que
s'étaient fixés Qama "sont en passe d'être
atteints" d'après le dirigeant de Parx. Le premier
fut de convertir les clients de Qama d'adopter Internet comme
canal privilégié pour passer leurs commandes. "Ils
prenaient le téléphone ou utilisaient le fax, explique
Pierre-Louis Lamballais. Les commandes par fax notamment contenaient
beaucoup d'erreurs et occupaient énormément les
gens du service commercial. Maintenant, il suffit de cliquer sur
les références choisies. La quasi totalité
des clients qui ont essayé le site continuent après
d'utiliser le système."
Dépasser le seuil
des 2 000 comptes actifs restait l'autre axe de travail.
Avec aujourd'hui plus d'un millier de clients enregistrés,
cet objectif "devrait être franchi courant de l'année
prochaine". Ce serait
alors un tournant pour cette entreprise qui gère un stock
de 8000 m2 et qui emploie 150 personnes réparties sur plusieurs
sites en France. "Si nous doublons le nombre actuel d'utilisateurs
du site, nous arrivons à près de 16% de la clientèle
totale connectée à notre extranet. Ce qui serait
une réussite, notamment parce que les principaux concurrents
de Qama, Legallais Bouchard et Masson, n'ont pas réussi
dans leurs tentatives de mettre en place une boutique d'achat".
Pour Pierre-Louis Lamballais,
qui a été embauché pendant six mois au service
informatique de Qama pour développer le projet, la réussite
de Qama.fr tient dans l'implication du personnel, pourtant parti
sans connaissance particulière de l'outil Internet. "Lorsque
nous avons créé une boîte mail pour chaque
personne de chez Qama, le directeur général a donné
l'impulsion nécessaire : il n'envoyait le chiffre d'affaires
aux différentes entités plus que par e-mail. Maintenant,
tous communiquent très
fréquemment par mail." Du coup, "une meilleure
communication" a pu s'instaurer en interne d'après
le prestataire.
Pour autant, la mise en
place du site ne s'est pas faite sans difficultés. Comme
Pierre-Louis Lamballais l'explique, "le premier obstacle
fut de convertir le catalogue des 25 000 références,
avec des spécifications qui n'étaient compréhensibles
que pour les équipes internes à l'entreprise".
L'autre obstacle fut de créer un système qui tenait
compte des innombrables offres commerciales faites par la vingtaine
de représentants à leurs clients. Ceux-ci devaient
retrouver rapidement dans leurs comptes l'ensemble des tarifs
accordés. Il a fallu également procéder pendant
six mois à des ajustements de l'ergonomie de l'interface
pour accélérer la saisie des commandes.
L'installation a nécessité
le renouvellement du parc informatique. Toutefois, la facture
globale du "chantier NTIC" est estimée par Parx
à 8 300 euros. "Cela peut sembler faible, mais
ce sont essentiellement les ordinateurs qu'il a fallu acheter
pour remplacer les terminaux Unix. Nous avons été
très économes dans le développement même
du site. Que des scripts CGI", explique Pierre-Louis Lamballais,
également professeur d'informatique.
Mais que Qama change
ses habitudes avec la venue de l'Internet n'amène pas sa
clientèle de quincaillers, "une population vieillisante",
selon Pierre-Louis Lamballais, à en faire autant. "Le
site ne provoque pas de réel changement de comportement
chez les clients. Une commande comporte toujours une trentaine
d'articles, la fréquence des commandes demeure similaire
à celle des autres canaux de commande, soit de trois à
cinq par jour". Reste que Qama.fr amènerait quelques
10 à 15 contacts nouveaux par jour, dont un tiers émanent
de fournisseurs à la conquête du marché français
de la quincaillerie d'ameublement.
Le site va continuer à
évoluer. Avec un service de suivi quotidien des stocks
disponibles. Des esquisses de projets également : la traduction
du site en anglais, un suivi des commandes. "Mais tout cela
reste encore dans les cartons,
insiste Pierre-Louis Lamballais. Pour le moment, il est simplement
question de faire évoluer l'année prochaine le système
général d'information de notre client".