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: les marques attaquent en justice Google Par le Journal du Net (Benchmark Group) URL : http://www.journaldunet.com/0306/030618adwords.shtml Lancer l'impression Mercredi 18 juin 2003
Lundi dernier, la première audience du procès opposant le portail Bourse des Vols/Bourse des Voyages à Google France s'est tenue au tribunal de grande instance de Nanterre (Hauts-de-Seine). Au coeur de la polémique : le programme le liens promotionnels AdWords du moteur de recherche, accusé de violer la législation sur les marques. "Bourse des Vols et Bourse des Voyages, deux marques déposées auprès de l'INPI, ont été placées aux enchères sur le programme AdWords de Google, explique Fabrice Dariot, PDG de Bourse des Vols. Nul ne peut vendre ces marques, a fortiori aux enchères et à nos concurrents."
Ce
procès, instructif à bien des égards, est l'un des
premiers contentieux à propos du positionnement publicitaire en
France. Courant 2002, Overture, Google et Espotting ont pris position
dans l'Hexagone en important le système d'enchères sur les
mots-clés que les annonceurs souhaitent réserver. Il en
résulte un classement commercial de liens hypertextes qui s'affiche
dans des encarts distincts sur les pages de résultats d'un outil
de recherche ou d'un portail. Un dispositif qui permet à des sites
annonceurs de se distinguer. Dans le contrat d'utilisation générale
du service Adwords de Google, il est en effet stipulé que toute
réclamation est à adresser au siège de la société
en Californie. "Peu importe, il appartient à Google France de mettre
en place les moyens nécessaires pour distinguer les expressions 'vols'
et 'bourse des vols' au sein des résultats Adwords. Espotting et Overture
y arrivent très bien. Pourquoi pas Google ?", s'interroge Fabrice
Dariot. Le moteur de recherche n'apportant pas de réponse, le PDG
de Bourse des Vols a décidé d'attaquer Google en justice.
Contacté par le JDN, Google (France et US) n'a pas souhaité apporter de commentaires sur ce dossier, en cours d'instruction. Car le sujet est sensible et prendrait même de l'ampleur. Les cas de dénomination sociale de groupes ou de marques commerciales, qui reposent sur des noms communs et qui sont exploitées par des concurrents sur le service AdWords de Google, seraient de plus en plus fréquents. Ainsi, en tapant "nouvelles frontières"
sur Google.fr, c'est le service Internet concurrent Oovols.com qui se
hisse en tête du palmarès AdWords. Encore plus troublant
: en effectuant une recherche sur le singulier "nouvelle frontière",
c'est cette fois... Bourse des Vols qui apparaît en premier lieu
sur le dit-programme. Contacté par le JDN, un représentant
juridique du groupe LVMH indique porter une attention "toute particulière"
au déroulement du procès Bourse des Voyages-Google France.
Le représentant assure qu'aucune procédure juridique émanant
directement du groupe de Bernard Arnault n'a été pour l'instant
lancée, mais que "des lettres de mise en demeure ont été
envoyées".
"Potentiellement, Google peut se retrouver
face à de multiples contentieux juridiques, estime Arnaud Dimeglio, avocat
spécialisé dans les NTIC et notamment dans le domaine du
positionnement publicitaire. Mais les réponses apportées
seront différentes en fonction de la nature des marques. L'avocat
estime que l'essentiel des débats portera sur la différence
entre positionnement manuel et positionnement automatique. "Pour
sa défense, Google a tout intérêt à se présenter
comme un simple intermédiaire technique. Dans ce cas, sa responsabilité
sera limitée à celle d'un hébergeur. Mais il devra
prouver qu'il est intervenu rapidement pour faire cesser un abus qui a
été constaté", estime Arnaud Dimeglio. Ce qui,
pour l'instant, n'a visiblement pas été le cas.
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