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innovantes : comment mieux structurer leur développement
Par le Journal du Net (Benchmark Group) URL : http://www.journaldunet.com/expertise/031029lisan.shtml Lancer l'impression Mercredi 29 octobre 2003
En constatant le retard pris dans notre pays en matière de développement des entreprises innovantes, on invoque un certain nombre de raisons (insuffisance des politiques publiques, notamment), mais on aborde rarement une problématique, celle de la manière de considérer les enjeux financiers dans ce domaine. En la matière, on observe régulièrement que la méthodologie des créateurs d'entreprises innovantes pour traiter ces enjeux et les outils dont ils disposent constituent un frein au développement de leurs entreprises et leur font prendre des risques quant à la pérennité de leur projet..
Au stade pré-amorçage, ces entrepreneurs se comportent d'une manière étonnante pour qui sait comment leurs homologues nord-américains abordent ces enjeux. Aux Etats-Unis ou au Canada, le business plan sera immédiatement traduit en données financières, le plus souvent avec l'aide de consultants spécialisés dans les hautes technologies. Le porteur de projet français, au pire, ne chiffrera que très sommairement son projet, ce qui lui fermera la porte de la plupart des financeurs qui n'accorderont pas de crédibilité à leur plan de développement, au mieux, établira seul une évaluation financière, mais dont la pertinence tant sur la forme que dans le fonds sera facilement challengée. Cette tendance de l'entrepreneur français à vouloir tout faire lui-même sans s'entourer des bons conseils est récurrente : elle ne contribue pas, au moins dans le domaine financier, à aider de manière efficace les projets à être lancés et elle défocalise l'entrepreneur de ses priorités (mettre au point un produit et attaquer un marché). Certains entrepreneurs toutefois, plus avisés, s'adressent à des conseils externes, qui sont quelques fois des cabinets d'ingénierie financière, mais le plus souvent des experts-comptables. Dans ce domaine de compétences, le pire côtoie malheureusement le meilleur : si quelques cabinets d'experts-comptables ont une réelle approche économique adaptée à la construction d'un business plan pour sociétés de nouvelle technologie (dont les règles sont spécifiques au secteur), la plupart des intervenants, formés uniquement via le cursus français d'études comptables, ont une approche des business plan orientée comptabilité seulement, donc sans aucune réelle vision prospective. Après la levée de fonds, si elle a eu lieu, on constate là encore une curieuse tendance de la part des "porteurs de projets" à vouloir continuer à œuvrer dans le système D. Alors qu'aux Etats-Unis, la structuration financière de l'entreprise apparaît comme une des premières priorités, et donc qu'on y met les moyens, en France, on voit la plupart des entrepreneurs à la tête des sociétés de haute technologie se contenter d'outils de pilotage sommaires, basés sur la comptabilité générale française, tenue la plupart du temps en externe, ce qui empêche quasiment systématiquement la production d'un véritable reporting financier. Même si cet état de fait est moins vrai lorsque la société est financée par des investisseurs en capital-risque, qui ont, pour la plupart, une approche économique du reporting financier, il n'en demeure pas moins que l'on peut encore malheureusement faire ce constat très fréquemment. Lorsqu'on interroge ces entrepreneurs sur leur perception de ce que devrait être le bon outil de pilotage, on s'aperçoit qu'ils se réfèrent la plupart du temps aux normes comptable françaises, lesquelles constituent le second frein (au moins conceptuel) au développement des entreprises innovantes.. Une
approche comptable à refondre pour l'orienter vers l'analyse économique On peut à ce stade
distinguer deux types de problématiques : - en matière de
normes comptables proprement dites et d'approche comptable
Que l'on ne se méprenne pas sur le présent propos : une approche plus internationale des enjeux financiers avec notamment le recours à des normes internationales en matière comptable ne met pas à l'abri les entreprises de tout risque (confère l'affaire Enron). Il n'en demeure pas moins que, la France aurait intérêt à réformer en profondeur son approche comptable pour la rendre orientée "analyse économique" ce qui permettrait d'avoir une vision plus claire des enjeux financiers et induirait probablement un changement de vision de la part des dirigeants d'entreprises innovantes. [HL]
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