"Paquet télécom"
: les députés s'attaquent au grand remue-ménage
Par le Journal
du Net (Benchmark Group)
URL : http://www.journaldunet.com/0402/040210telecom.shtml
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Mardi 10 février 2004
La gestion des examens des projets de loi sur les
nouvelles technologies devient un véritable écheveau. Alors
que les sénateurs ont repoussé pour avril l'examen en deuxième
lecture du projet de loi pour la confiance dans l'économie numérique (LEN),
les députés entament aujourd'hui, mardi, l'étude d'un
deuxième gros morceau lié cette fois à l'économie
des réseaux. Il s'agit de la transposition en droit national des
directives dites "paquet télécom", rassemblées
en un projet de loi relatif aux communications électroniques et aux services
de communication audiovisuelle.
Les
débats, qui vont s'échelonner sur trois jours, portent sur
l'ensemble des composantes télécommunication et d'audiovisuel
: câble, satellite, télévisions locales, TNT, et Internet.
Ensuite, ce sera au tour du sénat de prendre la main sur le projet
"paquet télécom". Ce texte de loi sera examiné
selon la procédure d'urgence (une seule lecture par chambre), compte
tenu du retard pris par la France vis-à-vis des délais imposés
par la Commision européenne. Dans le calendrier européen,
la transposition était prévue en juillet 2003. A la fin
de l'année dernière, la commission européenne avait
rappelé à l'ordre le gouvernement français pour avoir
manqué à cet engagement.
Cinq grands objectifs ont été fixés avec cette nouvelle
règlementation : harmonisation des législations sur les pays de
l'Union européenne, concurrence effective sur l'ensemble des marchés liés
au "paquet télécoms", renforcement de la régulation sectorielle avec des
autorités (comme le CSA ou l'ART en France) en cas de position dominante,
coordination entre ces structures d'arbitrage au niveau européen, rapprochement
des principes de la régulation sectorielle et ceux du droit de la concurrence.
En suivant les lignes directrices de Bruxelles, la nouvelle réglementation
devrait prendre en compte l'analyse des dix-huit marchés dit "pertinents"
selon la définition de la Commission européenne. Ces marchés sont
répartis en cinq grandes branches : téléphonie fixe, liaisons louées,
large bande, mobiles et radiodiffusion. Un découpage que l'Autorité
de régulation des télécommunications (ART) est en
train d'étudier pour l'appliquer en France.
Plusieurs dossiers brûlants sont
à traiter dans le cadre de cet examen. L'un des principaux porte
sur la reconfiguration du secteur du câble. La suppression du plafond
de 8 millions d'habitants, qui limitait la couverture des opérateurs de
réseaux câblés, devrait disparaître. Face à des câblo-opérateurs
qui rencontrent des difficultés économiques, cette suppression
devrait entraîner une consolidation et une réorganisation
du marché, d'autant plus que France Télécom est "invité"
à se désengager du secteur.
Aux côtés des réseaux câblées
figurent également des obligations liées aux flux audiovisuels
dans la nouvelle configuration numérique. Et les questions dans
ce domaine sont nombreuses : que devient le "must carry",
c'est-à-dire les obligations pesant sur le distributeur (câblo-opérateur
ou opérateur par satellite) de reprendre certaines chaînes ? Que deviennent
les contraintes pour les chaînes bénéficiant du "must carry"
d'accepter d'être reprises par le transporteur ou par le distributeur
?
Au cours des trois jours d'examen, les sujets
concernant les nouveaux modes de distribution des chaînes ne vont
enfin pas manquer : télévisions locales, TNT et télévision
sur ADSL. Les débats à l'Assemblée nationale promettent
donc d'être aussi passionnés que ceux du projet de loi LEN.
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Le gouvernement prend position sur des dossiers chauds
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| Hier, lundi, à la veille de l'examen du projet de loi sur les
communications électroniques, Nicole Fontaine a rendu public plusieurs
décisions. En ce qui concerne la responsabilité des
hébergeurs, la ministre déléguée à
l'Industrie accepte désormais de revenir au droit commun et
d'abandonner le principe d'un contrôle a priori concernant
les contenus illicites (à caractère racial, négationniste ou pédopornographique).
Nicole Fontaine aurait ainsi pris en compte l'amendement défendu
par le député UMP du Loir-et-Cher, Patrice Martin-Lalande. Pour leur
part, les fournisseurs d'accès à l'Internet et les hébergeurs
s'engagent à renforcer leur dispositif de protection de l'enfance
et à poursuivre le développement d'outils de filtrage
du contenu. Sur ce dernier point, Les Echos rapportent que
Nicole Fontaine a lancé un appel à projets pour l'édition notamment
d'un logiciel de filtrage national, doté d'une enveloppe de 4 millions
d'euros. Autre sujet de polémique : la facturation des mobiles.
La ministre déléguée annonce que la tarification
à la seconde ne concernerait plus que les cartes prépayées. A la deuxième
lecture de la loi sur la confiance en l'économie numérique,
les députés avaient voté un amendement pour élargir
cette mesure à toutes les communications, fixes et mobiles
(forfaits et pré-payées). En prolongement, Nicole Fontaine
souhaite que les éditeurs d'annuaires de numéros mobiles fassent la
démarche de demander l'autorisation au préalable aux
consommateurs d'exploiter ces données. Elle recommande également
la gratuité de l'accès aux services sociaux d'urgence de la
catégorie des numéros 800. |
[Rédaction, JDNet]
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