ART ET SCIENCE
Janvier 2007
C'est beau, dicte la bio
La beauté, à quoi ça sert ? En biologie, à faciliter la reproduction. Car c'est à partir de critères de beauté qu'une femelle va déterminer si un mâle est en bonne santé, donc s'il possède de bons gènes. C'est donc sur ces considérations qu'elle va accepter, ou non, de se reproduire avec lui. L'exemple le plus courant étant celui du paon qui pavane pour faire passer le message de sa bonne santé et de sa qualité génétique aux femelles des environs. Le beau, indicateur de bons gènesChez l'humain, c'est la même chose. C'est pourquoi nos stéréotypes ne sont pas uniquement culturels mais héréditaire. Depuis une vingtaine d'années, les chercheurs se penchent sur le rôle de la beauté chez l'humain.
Lors d'expériences récentes menées en Louisiane en 2006, des chercheurs ont montré des photos de visages à des nourrissons. A cet âge, pas de risque qu'ils soient influencés par la lecture des magazines et les diktats de la mode. Eh bien, même les enfants de deux mois s'attardaient plus longtemps sur les "beaux" visages, symétriques, jeunes et flambants de santé, comme ceux de Bratt Pitt ou d'Adriana Karembeu, que sur les autres. Et ce, indépendamment de la race, du sexe et de l'âge de la personne photographiée. Mais comment expliquer pourquoi le cerveau trouve un visage attirant ou non ? Le beau, habitude du cerveauUne autre étude, californienne cette fois, explique les choses autrement : un visage est attractif si celui-ci est dans la moyenne de ce que le cerveau a l'habitude de voir. Car les images "déjà vues" sont plus faciles à traiter. Par exemple, un visage moyen composé à partir de 16 visages semble plus attractif que n'importe lequel des visages d'origine.
L'habitude marche aussi avec les motifs géométriques : lors d'une expérience, des chercheurs californiens ont habitué des cobayes à des prototypes d'images. Puis ils leur ont montré d'autres images. résultat ? Plus il était facile et rapide pour le cobaye de rapprocher une image d'un des prototypes plus elle suscitait une réaction de plaisir ou de satisfaction, mesurée par des électrodes sur le visage. Finalement la beauté dépendrait donc aussi de la familiarité de ce qui est vu. Alors, instinct de reproduction ou habitude ? Toujours est-il que même si parfois nous nous en défendons, biologiquement, nous sommes tous esclaves de la beauté.
|
RUBRIQUES