ART ET SCIENCE
Novembre 2006
La science gothique
Finesse et rareté des murs, grandes baies ouvertes … Les cathédrales gothiques, construites à partir du XIIème siècle, semblent flotter dans l'air. Solides et imposantes par leurs volumes, elles sont totalement différentes de celles construites avant. Les architectes de ces temps anciens, sans le vouloir réellement, ont bâti des édifices en utilisant des principes physiques théorisés cinq siècles plus tard !
A cette époque, les architectes au service de l'Eglise ont pour ordre de construire des édifices baignés de lumière, car on considére qu'elle incarne Dieu. Les cathédrales reflètent alors l'image de la "Jérusalem céleste" et invitent à l'élévation spirituelle des fidèles chrétiens. La science est donc un moyen pour atteindre ce but et non l'origine de cette révolution architecturale. La nouvelle demande est simple : il faut beaucoup plus de lumière et de hauteur, mais la réalisation bien plus difficile.
Les problèmes passés à régler
Avant le XIIème siècle, les églises catholiques sont sombres et basses, car les architectes ne parviennent pas à faire autrement, en raison des forces et des poussées qui régissent une construction.
Globalement, ils construisent des murs très épais et assez peu élevés pour qu'ils supportent le poids des voûtes. Pour cela, ils les renforcent souvent par de lourds contreforts extérieurs.
Les nouvelles solutions, la compréhension des forces
Les deux grandes innovations gothiques vont être l'arc brisé et la croisée d'ogive.
L'arc brisé, formé de deux demi-cercles juxtaposés, va résoudre en partie le problème. Il est constitué de trois points capables de soutenir le poids des étages, poids qu'il ne relaye plus latéralement mais verticalement, vers le sol.
Combiné à la croisée d'ogive, ensemble que forment les nervures diagonales qui soutiennent les voûtes, il va permettre la suppression de nombreux murs qui vont être remplacés par des piliers. En effet, les ogives, gros cordons de pierre, vont supporter le poids des voûtes et l'amener jusqu' au sommet du pilier.
Comme les murs ne sont plus réellement porteurs, on peut les construire très haut et surtout y percer de nombreuses ouvertures, pour y placer des vitraux et remplir l'édifice de lumière. Quand on se trouve aux pieds d'une cathédrale gothique, on est bien loin de s'imaginer que le poids et la force de chaque élément ont été évalué correctement pour assurer équilibre et solidité. Mais il est aussi surprenant d'imaginer que tous les concepts physiques utilisés dans l'architecture gothique, au XIIème siècle, n'ont été théorisés qu'à partir du XVIème siècle seulement.
En savoir plus : Sortir : Visite de la Sainte-Chapelle
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