Bioéthique et débat

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Incontestablement, le clonage est le progrès scientifique le plus controversé du moment. Partisans et opposants mènent un débat houleux sur les finalités de cette technique. En France, la loi de la bioéthique de 2004 a tranché.

 

 
Dolly est le premier mammifère à avoir été cloné en 1997. Photo © Stéphanie GANDOLFO (galerie photo de L'Internaute)
 

Deux types de clonage

L'Homme n'a rien inventé ; le clonage existe naturellement dans la nature. Les plantes par reproduction dite asexuée donnent naissance à des êtres en tout point identiques et avec le même matériel génétique.
Deux processus sont ici à distinguer :
- le clonage reproductif consiste en l'implantation d'un noyau, contenant le matériel génétique d'un individu, dans un ovocyte énuclé. Au bout de quelques jours, l'embryon est directement encré dans l'utérus de la mère porteuse. Elle donne naissance à un individu "identique" au donneur. L'exemple type de cette technique est la brebis Dolly naît en 1997 et morte en 2002 des suites d'une infection pulmonaire. L'affaire avait fait grand bruit.
- le clonage thérapeutique diffère dans le sens où l'embryon obtenu sert à des fins "médicamenteuses". Son objectif : produire des cellules souches capables de donner n'importe quel tissu ou organe destiné à une greffe. Par ce système, les chercheurs pallient à la pénurie de greffons et au problème de compatibilité.

Les problèmes éthiques qui en découlent

Sous couvert de soigner l'Homme, le clonage soulève de nombreux problèmes moraux, philosophiques, sociétaux…
Certes le clonage reproductif permettrait de conserver des espèces animales et végétales en voie de disparition telles que l'ours polaire, le panda ou encore le gorille des montagnes. Dilemme : maintenir une espèce ayant le même matériel génétique appauvrit considérablement la biodiversité et à long terme est préjudiciable pour sa survie puisque l'évolution et surtout l'adaptation aux changementsclimatiques et écologiques passent par cette diversité génétique.
Pour tout ce qui relève du clonage humain, les exemples allant contre sont multiples :
- de quel droit peut-on détruire des embryons pour guérir d'autres individus ? Cela crée une hiérarchie au sein même de l'espèce humaine.
- Les risques pour la femme sont importants et elle est totalement instrumentalisée.
- Risque d'ouvrir la boite de Pandore en ce qui concerne les manipulations génétiques. Certains chercheurs n'hésitent pas à se lancer dans des projets incensés pour la gloire et l'argent.

La position de la France

Grâce aux lois de la bioéthique, le clonage est rigoureusement interdit dans notre pays. Elles sont d'ailleurs parmi les plus drastiques et contraignantes au monde à ce sujet. La Corée du Sud ainsi que le Royaume-Uni ont autorisé en 2005 le clonage thérapeutique.
Certaines personnalités scientifiques comme Jean Dausset s'insurgent qu'il ne soit pas autorisé en France. Des débats en perspective.

 

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