L'effet-ciseau : pendant que les innovations déclinent,
les coûts de recherche explosent.
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Chaque année, la revue Prescrire réalise un palmarès des progrès thérapeutiques
des nouveaux médicaments. Pendant les années 90, 35 à 40% des nouveautés ont
apporté un réel progrès thérapeutique. Mais depuis plusieurs années,"il montre
l'absence persistante de tout progrès d'envergure", note la revue dans son
éditorial de février 2005.
Sur 231 nouveaux médicaments (dont 178 génériques),
elle constate le faible nombre de nouveautés apportant un réel progrès thérapeutique,
et même certains nouveaux médicaments mal évalués et faisant courir des risques
injustifiés aux patients. "Dans un système d'innovation en faillite, l'agitation
commerciale des firmes s'accroît" relève la revue. Le cabinet Mc Kinsey fait
le même constat dans un des ses rapport : de 12,3 sur la période 1991-1996, le
nombre de nouveaux médicaments mis sur le marché est passé à 7,2 sur la période
1996-2000.
| "Dans un système d'innovation en faillite, l'agitation
commerciale des firmes s'accroît" |
Encore plus grave : selon Philippe Pignarre, auteur du Grand
secret de l'industrie pharmaceutique, ces innovations seraient en fait
de simples "améliorations" de médicaments déjà existants. En février dernier,
Pfizer a ainsi lancé le Caduet, une combinaison de deux médicaments déjà existants
(le Norvasc, contre la presssion artérielle, et le Lipitor, un anti-cholestérol).
Tous deux des blockbusters déjà largement rentables.
Une forte attente des malades
Il y a bien sûr la volonté des laboratoires d'imposer sur le marché une nouvelle
formule pour la vendre plus cher, mais pas seulement. "De nombreux traitements
qui apportent un bénéfice infinitésimal dans des pathologies comme l'Alzheimer
ou la sclérose en plaques sont quand même pris en charge par la collectivité sous
la pression des familles et des proches qui veulent que "l'on fasse quelque chose"
souligne ainsi Philippe Pignarre.
De leur côté, les industries se défendent :"l'innovation progressive ou incrémentale
n'est pas de la duplication. Elle constitue un perfectionnement visant à une efficacité
plus grande et mieux tolérée des médicaments" explique-t-on chez Pfizer. L'objectif
de la firme est de déposer des demandes d'AMM (autorisations de mise sur le marché)
pour 20 nouveaux médicaments ou indications d'ici fin 2006.