Journal du Net > Science  > Biologie > Dossiers > Hommes et femmes : sommes-nous différents ?
DOSSIER
 
Mai 2006

Les facteurs de différences

Monsieur est plus rapide en course, et résiste mieux à l'alcool. Madame a plus de matière grise, et soufre moins de troubles cardiaques. D'où viennent ces différences ?

  Envoyer à un ami | Imprimer cet article  

» La génétique
Malgré les différences bien visibles, les filles et les garçons diffèrent d'environ 300 gènes, soit 1% de leur patrimoine génétique. Il y a d'ailleurs souvent plus de différences entre individus à l'intérieur d'un même sexe qu'entre une fille et un garçon.

» La masse musculaire
Plus grands (10 à 11 cm de plus), plus lourds (de 13 kilos environ), les hommes ont une masse musculaire plus importante que les femmes. Ces dernières ont au contraire plus de tissus adipeux : 33 % de la masse corporelle, contre une moyenne de 21 % chez l'homme. Lors d'une épreuve sportive, les hommes vont donc surtout puiser dans leurs réserves en glycogène, stockées dans les muscles, tandis que les femmes solliciteront leurs lipides, mis en réserve dans le tissu adipeux. Or si les hommes et les femmes sont égaux en glycogène (l'équivalent de 3h de sport intense environ), les courses d'endurance sont plutôt favorables aux femmes. Ainsi, plus une course est longue, plus l'écart de performance entre les deux sexes se réduit.

Apparemment, tou nous sépare. Et pourtant, au niveau génétique, nous ommes très proches...Photo © Getty Images

» Le cerveau
En 1859, le neurochirurgien Paul Broca écrivait "la petitesse relative du cerveau de la femme dépend à la fois de son infériorité physique et de son infériorité intellectuelle". Si le cerveau des femmes est en effet 5 à 10% moins volumineux que celui des hommes, ce n'est pas parce qu'elles sont moins intelligentes, mais tout simplement parce que la taille du cerveau est proportionnelle au poids de l'individu. Or les femmes pèsent en moyenne 64 kilos et les hommes 77 kilos (moyenne française). Et d'ailleurs, le poids du cerveau n'a pas grand-chose à voir avec l'intelligence.
Grâce aux nouvelles techniques d'imagerie cérébrale, les biologistes ont mis en évidence des différences de structure entre les cerveaux masculins et féminins. Ces dernières ont par exemple une concentration de matière grise de 15% plus élevée que les hommes, et disposent d'un corps calleux (faisceau de nerfs qui font communiquer les deux hémisphères) plus épais. Les neurones de l'homme seraient en outre plus nombreux et plus petits.

» Les hormones
Fabriquées dès le plus jeune âge à partir des gonades, les hormones régissent toute une série de caractéristiques physiques. Mais elles agiraient aussi sur le comportement. On a ainsi pu observer que des filles atteintes d'hyperplasie congénitale des surrénales, une maladie due à une forte exposition de testostérone pendant leur développement prénatal, se comportent comme des garçons : elles sont plus agressives, d'avantage intéressées par le sport et les jeux de garçons.

» Les maladies
Sans prendre en compte les facteurs environnementaux (tabac, etc), on note des différences de sensibilité aux maladies. Par exemple, si les femmes soufrent moins de troubles cardiaques que les hommes, elles sont en revanche plus nombreuses à en mourir. Explication : le laps de temps nécessaire pour que le cœur se remette à fonctionner normalement après une arythmie cardiaque est plus long chez la femme que chez l'homme.

» Les médicaments
La FDA (Food and Drug Administration) a réalisé une étude sur 300 médicaments, et a trouvé des différences de réponse selon le sexe pour la moitié d'entre eux. Shiew-Mei Huang, une des chercheurs de de la FDA, a mis en évidence une enzyme qui accélère le métabolisme pour de nombreux médicaments. Cette enzyme est présente en plus grande quantité chez la femme, et réduit donc l'activité et l'efficacité des médicaments.

» La sensibilité à l'alcool
Au contraire, l'enzyme responsable du métabolisme de l'alcool est moins active chez la femme. Ajoutons que l'alcool se répand plus facilement dans les muscles que dans la masse adipeuse ; celle-ci étant plus importante chez la femme, la concentration d'alcool sera plus grande dans l'organisme, notamment au niveau du foie et au cerveau. Une femme ne peut donc pas se permettre les mêmes écarts que son mari : une consommation "raisonnable" est estimée à 11 consommations par semaine pour madame, contre 17 pour monsieur.

JDN - Science Envoyer | Imprimer Haut de page

BOURSE

 

RUBRIQUES

Tous nos articles

Votre avis sur cette publicité