DOSSIER
Juillet 2006
Parasites : conçus pour profiter
Aucun animal ne pourrait se suffire à lui-même : les herbivores vivent aux dépens du règne végétal, et les carnivore, aux dépens des herbivores. Cependant, cela ne fait pas d'eux des parasites : les uns et les autres sont des prédateurs, parce qu'ils détruisent l'organisme qu'ils utilisent. Quant aux plantes, soit elles puisent directement leur nourriture dans la matière inorganique, soit elles utilisent les débris d'autres organismes vivants (l'humus). Dans le premier cas elles se suffisent à elles-mêmes, et dans le second, elles utilisent des déchets, morts. Relation à bénéfice unilatéralEn revanche, il existe des organismes qui vivent, se nourrissent, s'abritent ou se reproduisent aux dépens d'un autre être sans le détruire, ou tout au moins sans le détruire rapidement : les parasites (du grec para, à côté et sitos, qui mange). Non seulement le bénéfice de la relation est unilatéral, mais le parasite est destructeur (et parfois mortel à terme) pour son propre hôte.
Le parasitisme est beaucoup plus répandu dans la nature qu'on ne le croit. Pas une espèce animale ou végétale n'est épargnée par les parasites. Il existe même des parasites vivant sur des parasites ! Le monde des parasites est vaste : parmi eux, les uns sont voués exclusivement à la vie sur une espèce déterminée. Ils périssent s'ils ne la rencontrent pas. D'autres peuvent vivre indifféremment sur plusieurs espèces voisines. Certains vivent sur leur hôte (les ectoparasites), d'autres s'installent dedans (les endoparasites). Enfin, dans le règne végétal comme dans le règne animal, certains parasites ont besoin de séjourner aux différentes phases de leur existence sur plusieurs hôtes distincts. Armés pour nuire
Les parasites se "ressemblent" : l'évolution a sélectionné des types plus ou moins analogues. Tous les organes inutiles ont disparu au fil des générations : l'animal vivant fixé dans un milieu gorgé de nutriments a perdu ses organes de mouvement et de préhension, la plante absorbant des produits organiques carbonés n'a plus besoin de sa chlorophylle pour extraire le carbone de l'air : prend un aspect jaunâtre caractéristique. En revanche, des organes nouveaux, crampons, suçoirs, etc., se développent souvent. Souvent aussi, on observe une hypertrophie des organes reproducteurs. Comment de tels êtres ont-ils pu traverser le temps ? Nuisibles pour leur hôte, les parasites jouent pourtant un rôle important dans la régulation des populations. En effet, une forte densité de populations hôtes accroît le taux de transmission de parasites et la propagation de maladies. En limitant la croissance d'espèces dominantes, les parasites contribuent à la diversité d'autres espèces, en plus d'être eux-mêmes une composante de la biodiversité.
|
RUBRIQUES