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DOSSIER
 
Juillet 2006

Suceurs de sève

Chez les plantes aussi des vampires opèrent. Munis de suçoirs, ils s'attachent sur leur hôte pour en détourner la sève.

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Chez les plantes aussi il existe des vampires : démunies de racines ou d'organes chlorophylliens, et donc incapables de se suffire à elles-mêmes, ces végétaux ponctionnent chez les autres ce dont ils ont besoin pour vivre.

La plupart des végétaux sont caractérisés par leur autotrophie, c'est-à-dire la capacité de synthétiser les molécules organiques à partir du CO2, de l'eau et de lumière grâce à la photosynthèse. Cependant, au cours de leur évolution, certains ont perdu cette autotrophie et sont devenues des parasites. Le parasitisme a entraîné le développement d'un organe particulier, le suçoir qui permet la fixation et le transit des substances nutritives de l'hôte vers le parasite.

Des suçoirs au lieu des racines

De loin, le gui semble pousser sur les branches. En réalité, il est bien accroché : ses suçoirs pénètrent au plus profond du bois. © WSL/inforesta.net/L'Internaute
"Les graines germent en se fichant dans une branche à l'aide d'un suçoir "

Le plus connu des parasites végétaux est sans doute le gui. Il se développe surtout sur les peupliers et les pommiers mais aussi les conifères. Comment opère-t-il ?

Les graines de gui sont entourées d'une substance collante, la viscine. Mangées par les oiseaux puis disséminées par leur excréments, ces graines restent collées sur le support sur lequel elles tombent. Puis elles germent, en se fichant dans une branche à l'aide d'un organe appelé suçoir. Celui-ci atteint le bois et ses vaisseaux, où il se "connecte". Ensuite, des expansions latérales parcourent longitudinalement les branches.

Pendant ce temps, la partie aérienne du parasite se développe en mettant en place des feuilles, 2 par an. Le gui possède tout de même des parties chlorophyliennes qui réalisent la photosynthèse. On parle d'hémiparasite.

Complètement dépendantes

Il existe aussi plantes holoparasites totalement dépourvues de pigments photosynthétiques et donc tributaires de leur hôte pour les substances carbonées, l'eau et les sels minéraux.

La cuscute par exemple. Sa tige forme des filaments non chlorophylliens qui s'enroulent autour des tiges des plantes hôtes et y enfoncent des suçoirs qui vont jusqu'au système conducteur de sève. Elle apprécie particulièrement les cultures maraîchères (tomate, carotte, aubergine) mais aussi la luzerne.

L'orobanche, elle, ne s'accroche pas à la tige de son hôte mais à ses racines. On parle de parasite épirhize. Les orobanches sont un véritable fléau pour les cultures industrielles en Europe comme le tabac, le colza, le chanvre et le tournesol et pour les légumineuses tels les fèves, pois chiche et lentilles en Afrique du Nord et au Moyen Orient.

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