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| Corrélations génétiques entre un couple d'insectes sociaux et ses descendants. © L'Internaute |
| "Chez les insectes sociaux, les sœurs sont génétiquement plus proches que les mères et filles entre elles !
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Toutes les sociétés de vertébrés ont un point commun : le goût de l'individualisme. Aucun mammifère ou aucun oiseau n'est prêt à se sacrifier pour le bien du groupe. Ce n'est pas le cas des insectes sociaux.
Les soldats termites par exemple. En cas d'attaque, certains en mordant leur ennemi, y laissent leur vie : la glande à venin est si grande qu'elle s'étend jusqu'à l'abdomen. Lors de la morsure, le soldat contracte violemment sa paroi abdominale, qui explose, et inonde l'adversaire.
Les abeilles également sont capables de comportements kamikazes : une piqûre d'abeille n'est rien d'autre qu'un suicide puisque l'abeille laisse, avec son dard, une partie de son abdomen et meurt peu après.
Comment l'évolution a-t-elle pu sélectionner de tels individus ! Car "habituellement", chaque individu cherche à obtenir le meilleur succès reproductif possible : l'égoïsme est normal.
Des liens de parenté atypiques
Pas chez les insectes sociaux. Chez eux, on parle de sélection de parentèle et non pas de sélection individuelle.
En effet, mis à part le couple royal, les individus sont stériles. Or, que ce soit dans une fourmilière, une ruche ou une termitière, toutes les ouvrières ont la même mère.
De plus, les mâles sont issus du développement d'ovules non fécondés, tandis que les femelles sont bien "fabriquées" grâce à des ovules fécondés. Par ailleurs, les mâles sont haploïdes, c'est-à-dire qu'au lieu de posséder chaque chromosome en double comme les femelles, ils n'en possèdent qu'un exemplaire.
Conséquence directe de cette haploïdie, tous les spermatozoïdes d'un mâle sont identiques. Or, un mâle n'insémine qu'une femelle. Du coup, toutes les filles de cette femelle ont un patrimoine génétique proche. Plus proche que si le père avait des spermatozoïdes différents.
Ainsi, 2 sœurs humaines ont en moyenne 50 % de gènes en commun. Tandis que 2 sœurs abeilles ou fourmis en ont 75 %. Finalement, chez les insectes sociaux, les sœurs sont génétiquement plus proches que les mères et filles entre elles !
Dans cette situation, le succès reproductif indirect des ouvrières qui élèvent leurs sœurs est supérieur au succès reproductif dont elles bénéficieraient en ayant elles-mêmes des filles. Finalement, l'altruisme de reproduction manifesté par les ouvrières qui renoncent à pondre est, du point de vue génétique, très égoïste !