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| Deux morphologies très distinctes pour la chenille et son papillon : pourtant, pendant la métamorphose, l'ADN de la chenille n'a pas changé. © Eric Steinert
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Il y a cinquante ans, Watson et Crick découvrent la structure de la molécule d'ADN. L'ère du "tout génétique", qui suppose que la séquence de l'ADN représente l'unique support matériel de l'hérédité, s'ouvre. Les gènes sont alors considérés comme les maîtres de notre destin.
Mais ce n'est pas si simple. La séquence du génome n'est pas à elle seule le "livre de la vie". L'ADN n'est pas une entité magique dotée de tous les pouvoirs pour déterminer l'identité et le fonctionnement des êtres vivants.
Différents malgré un ADN identique
Pour preuve, des animaux clonés. Ils possèdent le même code génétique. Eh bien leur pelage est, magré tout, différent. On a par exemple cloné un chat noir et blanc. Sa copie était noir et blanc, mais son pelage était arrangé différemment. L'expérience a également été réalisée avec une vache, et a donné le même résultat. Pourtant dans les 2 cas, l'ADN des clones est le même. Il existe donc autre chose que l'ADN qui influence l'aspect physique.
| "Un papillon et la chenille dont il est issu, physiquement si dissemblables, possèdent pourtant exactement le même ADN !" |
Une autre illustration, encore plus spectaculaire, en est la comparaison d'un papillon et de la chenille dont il est issu : ces deux animaux, si dissemblables possèdent pourtant exactement le même ADN !
Enfin, chez les humains, les vrais jumeaux offrent également un exemple intéressant : bien que génétiquement identiques, ils n'ont pas les mêmes empreintes digitales.
L'influence de l'environnement
Or, une opinion répandue est que c'est l'ADN qui détermine l'aspect physique de l'individu associé. En réalité, il ne fait qu'y contribuer, pour une très large part. C'est l'environnement qui conditionne la façon dont il s'exprime.
Par exemple, la formation des empreintes digitales subit l'influence de l'environnement. Dès la formation des embryons, les individus ne sont plus exactement dans le même environnement, malgré leur implantation dans le même utérus. Ces légères modifications suffisent à créer des empreintes digitales propres à chaque individu. Il en est de même pour la couleur des yeux. Cette caractéristique n'est pas non plus purement génétique : on connaît des vrais jumeaux ayant une couleur d'yeux différente.