La génétique a t-elle autant d'importance que cela ? Chaque comportement aurait ainsi son gène, gène de l'infidélité, de l'homosexualité, de l'intelligence, de l'alcoolisme...
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Quelle est la part des gènes dans la dépression ? © Extrait d'un tableau de Van Gogh
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Dérives eugéniques
Ne peut-on pas craindre certaines dérives si les gènes responsables des maladies mentales, des déficits intellectuels, et de la violence sont identifiés ?
Bien sûr, de telles découvertes font naturellement naître des craintes éthiques. En France, l'eugénisme, sélection des personnes à partir de leur génôme, est puni de trente ans de réclusion criminelle et de 7 500 000 euros d’amende.
Cependant, en réalité, c'est bien plus ambigu : les visites prénatales sont obligatoires et lorsque l'enfant à naitre présente des malformations, on encourage à l'avortement...
Savoir que son enfant est porteur du gène de l'autisme ou de la schizophrénie pourrait donc amener à une forme d'eugénisme.
Chercher pour soigner
| "On peut avoir une propension à des comportements antisociaux à cause de nos gènes. Mais cela n’exclue pas le libre arbitre" |
Selon de nombreux chercheurs, connaître les gènes des comportements produira l'effet contraire : des états comme l’autisme, la dépression, la dyslexie, la schizophrénie ou la sénilité conduisent souvent au rejet de la personne affectée. Quand ils seront identifiés comme des maladies, ils seront mieux acceptés. Et dans un avenir plus lointain, ils pourront être soignés.
Identifier les gènes de nos comportements permettra aussi de mieux comprendre les fondements neurobiologiques des différences entre les êtres humains et apportera une meilleure compréhension des maladies mentales. La connaissance du génome devrait être particulièrement bénéfique pour identifier les troubles mentaux d’origine génétique, première étape vers la fabrication de médicaments.
Le libre arbitre existe toujours
Enfin, soulevons un dernier point : faut-il croire à un déterminisme génétique ?
L’effet des gènes sur des caractéristiques complexes comme le comportement est de l’ordre du probable, pas du déterminé. On peut avoir une propension à des comportements antisociaux à cause de nos gènes. Mais cela n’a pas pour conséquence inéluctable de nous rendre antisocial. Cela n’exclue pas le libre arbitre.
Finalement, retenons que le comportement est vraisemblablement le résultat d’une interaction complexe entre plusieurs gènes et l'environnement. Et il est profondément affecté par les codes moraux et les pressions sociales. Bref, il est important de résister à la tentation du "tout génétique".