Journal du Net > Science  > Biologie > Dossiers > Cet ADN qui nous gouverne (ou pas) > Nos gènes font-ils tout ?
SOMMAIRE

En savoir plus

Sujet illustré

D'où vient notre comportement ? Est-il inscrit quelque part dans nos cellules que je suis timide, sociable agressif, intelligent ?

Agrandir
On a identifié des gènes du comportement chez de nombreux animaux, ce n'est pas encore le cas chez l'homme. © Getty images

Les comportements sont des conséquences du fonctionnement biologique de notre organisme. Or ce fonctionnement est arbitré par nos gènes. Donc forcément, il y a quelque chose de génétique dans nos comportements. Mais dans quelle mesure ? Chez les animaux, on progresse.

Sexualité des mouches

Chez la drosophile, on a identifié en 2005, un unique gène qui modifie complètement le comportement sexuel. Si on place la version mâle de ce gène chez une femelle, elle courtisera d'autres femelles. Les chercheurs sont même parvenu à inverser les rôles, en modifiant les mâles pour qu'ils émettent les phéromones sexuelles femelles. Les femelles venaient alors faire la cour aux mâles.

Dans le cas présent, le gène, en modifiant le système nerveux des insectes, change leur comportement. Ces recherches qui concernent des invertébrés ne sont bien entendu pas applicables à la sexualité humaine, qui est nettement plus complexe.

Sociabilité et polygamie des campagnols

En 2005, des chercheurs d'Atlanta découvrent que certains comportements des campagnols mâles sont déterminés par l'ADN-Poubelle, une partie de l'ADN que l'on a longtemps considéré inutile. Au sein de certains gènes, des séquences (ou microsatellites) peuvent être répétées à l'identique de 5 à 5000 fois. Les scientifiques ont découvert que la longueur de ces séquences répétitives d'ADN-Poubelle d'un gène détermine si l'animal sera monogame ou polygame.

Les chiens de prairies qui ont de longues séquences de microsatellites dans leurs gènes ont davantage de récepteurs spécifiques dans le bulbe olfactif, partie du cerveau qui influence la reconnaissance sociale et le comportement parental. Ils sont donc plus sensibles à cette hormone et, par conséquent, plus sociables. Les chercheurs ont découvert que cette partie de l'ADN est similaire chez l'humain.

Ce phénomène pourrait déterminer certains traits de caractère comme la timidité, ou les désordres sociaux comme l'autisme, chez l'humain.

JDN - Science Envoyer | Imprimer Haut de page
Votre avis sur cette publicité

RECHERCHE