Les hommes sont plus doués que les femmes pour les filières scientifiques. En tous cas, c'est ce qu'a affirmé un ancien président d'Harvard, Larry Summers, au cours d'un discours. Normal que cette aberration lui ait coûté sa place. Car non, les hommes ne sont pas mieux programmés pour exceller dans ces domaines.
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| Les hommes sont-ils réellement plus doués que les femmes dans les filières scientifiques ? © L'Internaute |
Oublier les deux cerveaux
Et oui logique. L'aptitude aux mathématiques a été placée à côté du sens de l'orientation, dans le cerveau droit. Quelle chance pour les hommes, du moins sur le papier… Nous l'avons vu, la théorie des deux cerveaux est fausse donc impossible de remettre ce soi-disant talent scientifique au cerveau droit surdéveloppé.
Pas de problème pour les neurologues qui sont toujours plein de ressources. C'est alors la faute des hormones sexuelles mâles, et en particulier, de la testostérone. Ainsi pour Doreen Kimura, "la différence entre l'homme et la femme dans la compétence en mathématiques est une des plus anciennes découvertes dans le domaine des différences entre sexes (…) Les scores à différents tests d'aptitude mathématique ont révélé la supériorité des hommes (…) On peut penser que le raisonnement mathématique est lié à la concentration de testostérone chez les hommes mais peut-être pas chez les femmes".
Et oublier les hormones
Des affirmations lourdes de conséquences et surtout totalement fausses. L'utilisation de l'imagerie cérébrale a permis de faire le point sur cette question en montrant l'activité des cerveaux masculins et féminins lors des activités de calcul. Le résultat en est tout autre. On supposait que seul le cerveau droit était en activité. C'est le contraire. Le calcul arithmétique sollicite le cortex frontal gauche et les aires pariétales gauches et droites. De plus, aucune différence n'est constatée selon le sexe de l'individu.
Du côté des hormones aussi il y a du changement. Doreen Kimura appuie ses études hormonales à partir de prélèvements de salive, autant dire que l'échantillonnage est douteux. Donc des prélèvements sanguins ont été effectués, et là encore : aucun résultat significatif, la testostérone ne fait pas le matheux. Plus généralement aussi, l'humain semble échapper aux lois hormonales car leurs fluctuations laissent notre cortex de marbre.