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Depuis quelques années, la mythologie née autour de l'ADN ne cesse de s'étoffer. Cette molécule qui recèle de nombreux points d'ombre semble permettre toutes les prouesses, même les plus incroyables. Notamment celle de ressusciter le passé.
Ludovic Orlando*, paléogénéticien, s'applique dans cet ouvrage à faire le point sur les avancées permises par l'ADN fossile. Et on est bien loin de la science fiction. D'abord, on apprend que cette molécule se conserve mal. Pas de chance.
Ensuite, que son extraction est difficile, que les contaminations sont fréquentes. Et enfin, que son amplification (le processus qui permet de "photocopier" l'ADN pour en donner une quantité suffisante) réserve souvent de mauvaises surprises. Beaucoup de déconvenues donc. Heureusement, l'auteur parvient à captiver le lecteur grâce à des exemples d'applications attrayants.
La paléogénétique est partout !
"Rendons au paléogénéticien ce qu'on lui doit". C'est un peu le leitmotiv de l'ouvrage.
En effet, même si sa discipline est récente (elle date de 1984), Ludovic Orlando montre que le paléogénéticien est partout, même où on ne l'attend pas ! Il part à la rescousse des historiens pour traquer les imposteurs de l'histoire, comme la fausse héritière du trône de Russie, le prétendu Louis XVII et nous dira bientôt si Napoléon est bien enterré aux Invalides.
| L'ouvrage |
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L'anti-Jurassic Park
par Ludovic Orlando
Belin-Pour la science
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Il aide la Justice en confondant les criminels passés ou présents, à l'aide de leur empreinte génétique. Il secourt la médecine : les maladies du passé ont laissé des traces et aident à comprendre celles du présent. Il permet même de clore de grands débats comme celui sur l'origine du SIDA.
Mais ce n'est pas tout, la paléogénétique sert également, et on s'y attendait, à démêler le passé plus lointain. La systématique lui doit beaucoup car elle établit des liens de parenté insoupçonnés ou au contraire des absences de parenté entre espèces. Par exemple, l'étude de l'ADN fossile a montré que les humains actuels (les homo sapiens sapiens) n'ont reçu aucun héritage génétique des hommes de Neandertal.
Une science complexe et pleine d'incertitude
L'auteur semble savoir qu'il aborde des notions complexes lorsqu'il parle technique, alors il les répète souvent plusieurs fois, comme pour enfoncer le clou. De plus, même si on ne peut que féliciter l'auteur pour son fair play scientifique, il énumère tant d'incertitudes, tant d'erreurs commises, que l'on finit par se demander si l'étude de l'ADN fossile est une science fiable.
Au final, il reste l'impression que la paléogéntique pourrait théoriquement trancher de nombreuses questions… mais ne répond le plus souvent que par des "impossible d'en être certain pour le moment". Ce qui laisse penser que le métier de paléogénéticien est promis à un bel avenir.
En savoir plus
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*Ludovic Orlando travail au laboratoire UMR 5161 du CNRS, INRA LA 1237
Laboratoire de Biologie Moléculaire de la Cellule
IFR128 BioSciences Lyon-Gerland.
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