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La température des océans
© SSEC / University of Wisconsin-Madison
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Un consensus apparent
Le GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat) est la principale source d'informations sur le changement climatique. Il a été créé en 1988 par l'Organisation Météorologique Mondiale (OMM) et le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE).
Les groupes de travail sont composés d'une centaine de scientifiques de diverses nationalités, réunissant un consensus le plus large possible.
Son rapport 2001 tirait la sonnette d'alarme en énumérant les signes du réchauffement (élévation de la température moyenne, hausse du niveau de la mer, recul des glaciers, etc.).
Le rédacteur en chef de la revue Science, Donald Kennedy, écrivait déjà cette même année : "il est très rare que les milieux scientifiques parviennent à un consensus aussi marqué que sur ce sujet". Même des entreprises pétrolières comme BP, Shell ou Texaco se sont rangées à l'avis du GIEC.
Des attaques violentes
Et pourtant, les sceptiques demeurent.
Pour s'attaquer à la thèse du réchauffement, le principal argument des contestataires est la "théorie du complot". Ils accusent le GIEC d'être complice de l'ONU, à leurs yeux anti-américain. Bizarre, vu que cette organisation est au contraire principalement financée par les Etats-Unis.
Les scientifiques seraient d'autre part, à entendre certains contestataires, contre le progrès et l'économie. Paul Driessen, auteur de
Eco-Imperialism : Green Power - Black Death et membre d'au moins cinq organisations (toutes financées par la compagnie pétrolière ExxonMobil), explique même dans son livre que le réchauffement climatique est un complot contre les noirs pour les empêcher de se développer.
Des soutiens financiers
Le problème du réchauffement climatique est qu'il remet effectivement en cause un modèle de développement économique basé sur les énergies fossiles. Ces dernières ont d'importants soutiens dans les industries pétrolières ou automobiles. Les "think tanks" conservateurs américains s'emploient ainsi à financer des campagnes pour faire contrepoids aux études sur le réchauffement. Le sénateur américain James Inholfe qualifie même le réchauffement planétaire de "canular".
Le journal Mother Jones a
recensé une quarantaine d'organisations directement financées par ExxonMobil et qui cherchent à démonter les résultats des experts du GIEC. ExxonMobil aurait ainsi versé 8 millions de dollars entre 2000 et 2003 à des groupes comme le CEI (Competitive Entreprise Institute) ou l'AEI (American Entreprise Institute).
Et pourtant, les cyclones Rita et Katrina étant passés par là, la prise de conscience de la modification par l'homme du climat se poursuit. L'institut de recherche Pew Center estime qu'il existe désormais assez de données scientifiques pour justifier un plus grand engagement des Etats-Unis dans la lutte contre l'effet de serre. Plusieurs Etats américains se sont engagés à respecter les accords du protocole de Kyoto, et même le président Bush a fini par reconnaître que le réchauffement était lié aux activités humaines.