Sous les océans, des trésors:

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Depuis plus d'un an, il n'est pas rare d'entendre parler de vol de cuivre ou d'autres métaux sur les chantiers de construction. Les métaux se font de plus en plus rares et les prix de vente s'envolent. Les gisements de minerais terrestres s'épuisent. Tout comme pour les hydrocarbures, les océans peuvent suppléer aux continents.

 
Fumeur pris lors d'une expédition sur la ceinture de feu du Pacifique en 2004. Photo © Bob Embley, NOAA PMEL.
 

Des gisements marins qui valent de l'or

Quand la terre ne donne plus, l'homme naturellement se tourne vers le milieu marin. A juste titre d'ailleurs car les réserves minérales sont estimées comme très importantes. "Seulement 1% des grands fonds océaniques ont été explorés en détails" affirme le géologue Thierry Juteau lors d'une conférence à l'Université des savoirs en 2005.

Cuivre, zinc, argent, cobalt, fer, manganèse… pullulent au niveau des zones d'accrétion (lieu de naissance de la croûte océanique) telles que les dorsales et dans les grands fonds à des centaines de mètres de profondeur sous forme de dépôts sulfurés et de nodules, genre de "pierres" ovoïdes noires. Ces minerais sont très recherchés pour leur valeur économique. Mais d'autres trésors gisent dans les océans à l'image des diamants. L'Ifremer affirme que "50% de la production de diamants est d'origine sous-marine ; jusqu'ici cantonnée à des profondeurs de 200 à 300 mètres, l'exploration dans des fonds de 2000 m a commencé".

Des fumeurs cracheurs de minerais

Dès les années 60, les géologues se sont intéressés aux dorsales océaniques et à l'activité volcanique sous-marine. Au cours de plusieurs expéditions sur ces sites, les scientifiques ont mis au jour de drôles de structures géologiques : les fumeurs noirs, des cheminées d'où émanent une eau noirâtre dont la température flirte avec les 350°C.

Au niveau de ces cheminées, l'eau de mer pénètre dans des failles de la croûte océanique et s'engouffre dans les profondeurs de la Terre. Au cours de son périple, l'eau se charge en minéraux comme les sulfates et les carbonates. Le pH de l'eau de mer, à l'origine alcalin -proche de 8- devient de plus en plus acide dans la croûte océanique jusqu'à atteindre un point "critique". L'eau chaude remonte alors en surface ; au contact de l'eau de mer froide, les minéraux dissous précipitent sur les bords de la cheminée et aux alentours formant des amas sulfurés.

 
Constitution des nodules polymétalliques
 
 
Manganèse
25%
 
 
Nickel
1,3%
 
 
Cuivre
1,2%
 
 
Cobalt
0,25%
 
 
Source : Ifremer / 2005
 


"On recense aujourd'hui plus d'une centaine de dépôts de sulfures polymétalliques sur le plancher océanique dont l'immense majorité se situe dans l'océan Pacifique" affirme Thierry Juteau. Se situant entre 200 et 300 mètres de profondeur, ces réserves seront les premières réserves à être exploitées par l'homme, contrairement aux nodules de manganèse qui se trouve dans les grands fonds vers 5 000 mètres de profondeur, donc difficile d'accès et à prélever.


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