Comment l'Homme surveille la Nature

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Katrina, Wilma… ont fait parler d'elles en 2005. Ces cyclones ont frappé de plein fouet les Caraïbes et surtout le sud des Etats-Unis dévastant la Louisiane et sa célèbre ville La Nouvelle-Orléans. Chaque année, pendant la période des cyclones à la fin de l'été, les météorologues sont sur le qui-vive pour prévoir ces phénomènes climatiques et surtout leur évolution ainsi que leur progression.

La formation d'un monstre météorologique

Formation d'un cyclone
 
Formation d'un cyclone au-dessus d'une mer chaude. Schéma © DR
 

Les cyclones ne se produisent pas partout à la surface du globe. Il leur faut certaines conditions pour pouvoir se former. Les mers chaudes sont leur berceau de vie. "A la fin de l'été, l'eau des mers tropicales affiche une température comprise entre 26 et 28°C sur cinquante mètres de profondeur" dixit Frank Roux, scientifique du Laboratoire d'aérologie de Toulouse lors d'une interview accordée au journal du CNRS.

Des orages venant de l'Atlantique pompent l'énergie emmagasinée par l'eau ; ce qui a pour résultat d'évaporer cette masse d'eau chaude et de la transformer en nuages dans les hautes sphères. Une dépression, une zone de basse pression atmosphérique, se produit et aspire l'air aux alentours. "La rotation de la Terre fait tourner ces nuages et au fur et à mesure que la tempête grossit, un centre calme, un œil, se crée et s'entoure d'un immense anneau de nuages où soufflent des vents violents" explique Frank Roux.
Assujettis aux vents d'ouest venant de l'Atlantique, à savoir les vents dominants, les ouragans se dirigent systématiquement vers Cuba, Haïti et le sud des Etats-Unis.

Etude au coeur de la tourmente

Le seul moyen de prévenir ces cyclones est de les étudier sous toutes les coutures afin de percer leur mécanisme et mode de fonctionnement. Il est impossible d'empêcher la formation d'un tel phénomène, mais prévoir suffisamment tôt leur force et leur destination permet d'alerter au plus vite les zones concernées.

Avion WC 130
 
Le WC-130 est un avion capable de se rendre a cœur des cyclones. Photo © DR
 

Pour étudier les cyclones, il faut se confronter à la bête et l'observer au plus près. Les scientifiques ont mis au point des radars Doppler capables d'enregistrer la vitesse des vents avec une grande précision. Quant aux Américains, des casse-cous n'hésitent pas à pénétrer le cœur de cette furie grâce à des avions spécialisés tels que le WC-130. Le voyage n'est pas de tout repos car l'équipage, constitué de 6 personnes, se fait chahuter par des vents soufflant en moyenne à 300 kilomètres /heure. A son bord, de nombreux instruments de mesure permettent de relever la température extérieure, le point de rosée, la pression atmosphérique, les turbulences, la nature des nuages….

L'appareil largue également des sondes, les drop sondes, qui sont des ballons descendant jusqu'à la surface de la mer, sans parachute. Leur rôle : enregistrer les paramètres des différentes couches atmosphériques traversées. Toutes les données récoltées sont transmises par satellite au National Hurricane Center (NHC) qui surveille les zones Caraïbes et sud américaine.

Vision globale par satellite

Les informations obtenues in situ par les radars et les avions permettent d'élaborer des modèles de simulations et ainsi de déterminer la progression du cyclone et sa trajectoire. Mais ces modélisations réclament des heures de calculs d'où l'importance d'avoir à portée de mains un supercalculateur car "il divise par cinq le temps de calcul" affirme le Professeur Roux.
Depuis la naissance des satellites comme Météosat, les scientifiques peuvent observer à distance l'évolution de l'ouragan et prévoir l'intensité du phénomène.


EN IMAGES  Dans l'œil du cyclone


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