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Les centrales du futur

Interview 
La fusion nucléaire, bientôt sur Terre ?
© SOHO/EIT
Une bonne dizaine de projets sont à l'étude, ayant tous deux objectifs principaux : une sécurité sans faille et une diminution voir une disparition des déchets nucléaires. Parmi les idées : le réacteur à sels fondus, le réacteur à eau supercritique, aux métaux liquides…Nous avons sélectionné trois technologies qui sont les plus prometteuses, dans l'ordre de leur apparition probable.

Les réacteurs modulaires à couches de boulets
Sous ce nom barbare se cache peut-être la centrale nucléaire de demain. Un réacteur d'un nouveau type, qui utilise un gaz (hélium ou CO2) comme fluide réfrigérant est à l'étude en Chine, Etats-Unis et Afrique du Sud où un prototype devrait être construit en 2006. Plus sûr et plus facile à contrôler, ce réacteur fonctionne avec des billes d'uranium entouré de graphite, pour confiner la chaleur de l'explosion nucléaire. Le fluide d'hélium caloporteur, qui sort du coeur à 900°C, permet un rendement thermique de 40%, soit un quart de plus que les centrales actuelles. De plus, ces réacteurs pourraient fonctionner pour des unités 10 fois plus petites ; un concept particulièrement adapté pour les pays en voie de développement. Avec la chaleur restante, il serait même possible de produire de l'hydrogène. Ce mode combiné de production d'énergie (électricité + hydrogène) est d'ailleurs une piste sérieuse pour toutes les centrales à l'avenir.

Les surgénérateurs
Ce type de réacteur, dont Superphénix était le prototype, utilise des neutrons rapides, au contraire des réacteurs normaux qui utilisent des neutrons ralentis (voir l'explication sur la fission). Ces neutrons à haute énergie aboutissent soit à la fission (qui produit de l'énergie), soit à la transformation de l'uranium en plutonium, réutilisable en combustible, soit à la destruction du plutonium et des déchets à longue durée.

Mais surtout, les surgnérateurs peuvent consommer du l'uranium-238, considéré jusque là comme déchet. Bref, le surgénérateur fabrique au final davantage d'énergie qu'elle n'en consomme ! Un vrai tour de magie ! Hélas, Superphénix n'a pas laissé un bon souvenir : sur 12 ans d'existence, Superphénix n'a pu tourner que trente mois pour un investissement de 9 milliards d'euros. La faute à de nombreux problèmes techniques. De plus, le liquide refroidissant utilisé est le sodium, moins corrosif pour les installations mais qui présente la facheux inconvénient de s'enflammer au contact de l'eau. Néanmoins, les chercheurs français restent amers sur la fermeture définitive de Superphénix, qu'ils considèrent comme une "décision éminemment politique".

ITER et la fusion
La fusion nucléaire est la réaction qui se produit naturellement dans le soleil à chaque instant : deux noyaux fusionnent en libérant une énorme quantité d'énergie. Une source d'énergie quasi inépuisable, et zéro déchets : le deutérium contenu dans l'eau des océans permettrait, à lui seul, de subvenir aux besoins mondiaux de l'humanité pendant un milliard d'années. Problème : la fusion n'est possible qu'à 100 millions de degrés, et ITER devrait dans un premier temps consommer plus d'énergie qu'il n'en produit. Mais les chercheurs ont bon espoir de parvenir à générer une réaction auto-entretenue.

» Voir aussi notre dossier sur ITER
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