De nombreuses plantes sont riches en phytate, une substance qui freine l'assimilation du fer, du zinc et du phosphore par l'organisme. Pour les porcs, la phytate est même complètement indigeste : ils n'ont pas l'enzyme appropriée, la phytase, pour la transformer en phosphore.
Ce qui a deux conséquences néfastes : les porcs nourris avec des aliments riches en phytate secrètent beaucoup de rejets phosphorés. Les excréments sont rejetés dans l'environnement, et sont à l'origine de la pollution de l'eau. Deuxièmement, on doit enrichir artificiellement la nourriture avec du phosphore, minéral indispensable au développement osseux.
Des chercheurs de Syngenta ont donc modifié des graines de soja et de maïs dont on avait génétiquement activé la phytase. Le maïs OGM contient ainsi 5 fois moins de phytate que le maïs normal. La teneur en phosphore de lisiers de porc est fortement réduite grâce à ces aliments. Voilà une bonne nouvelle pour les bretons, qui ne consomment plus que de l'eau en bouteille depuis des années, en raison des nombreux élevages porcins dans la région.
Les chercheurs travaillent maintenant sur le blé.
Les animaux, cible privilégiée
L'alimentation animale, moins sujette à caution que celle des humains, est un créneau que les grandes firmes alimentaires comptent bien occuper. 70% des tourteaux de soja importés et utilisés notamment dans l'élevage bovin et porcin dont déjà
génétiquement modifiés. Le 6 février dernier, Renessen (une filiale de Monsanto) a annoncé pour 2007 la commercialisation du maïs "Mareva", enrichi en lysine. La lysine est un acide aminé indispensable à l'alimentation animale, qui est pour l'instant fabriquée synthétiquement et rajoutée dans la nourriture. Les agriculteurs américains pourront bientôt en bénéficier, mais aucune importation vers l'Europe n'est prévue.
A venir : du lupin enrichi en acides aminés pour les moutons, qui prennent plus de
poids et produisent plus de laine.