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FILM
 
Octobre 2006

Une vérité qui dérange : le réchauffement climatique en question

Le film d'Al Gore est un plaidoyer sans concession pour la lutte contre le réchauffement climatique. Une démonstration efficace, mais qui souffre inévitablement de quelques facilités. Notre analyse scientifique du film.

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Dans Le jour d'après, une ère glaciaire due au réchauffement climatique était sur le point d'envahir le globe. Mais là où Roland Emmerich avait imaginé un scénario catastrophe, Une vérité qui dérange est une démonstration scientifique en règle, s'appuyant sur les études scientifiques les plus récentes.

Show à l'américaine

Al Gore, un militant convainquant contre le réchauffement climatique. Photo © UIP

Pour autant, la conférence filmée de "l'ex-futur président des Etats-Unis", comme se définit lui-même Al Gore, n'est pas austère. C'est même un show à l'américaine où il ne manque absolument rien : les images choc (les blocs de banquise qui s'effondrent, La Nouvelle-Orléans sous les eaux après l'ouragan Katrina, les inondations au Bangladesh...), l'émotion (son fils qui a failli mourir à 6 ans, son enfance dans le ranch de son père, sa défaite à la présidence de 2004...), et même parfois l'humour (dans une scène particulièrement efficace où il doit emprunter un élévateur pour atteindre la courbe de prévision des émissions de CO2).

En une heure et demi, les principales causes et conséquences du réchauffement climatique sont égrenées, de la hausse continue des gaz à effet de serre à la fonte des glaciers en passant par le montée du niveau des océans et les tornades.

Démonstration scientifique convaincante

Les scientifiques sont dans l'ensemble unanimes à saluer le film. Jean Jouzel, climatologue et membre du GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat), se félicite même que "moins d'un an après, ses conclusions se retrouvent dans le film d'Al Gore".

A part quelques raccourcis inévitables (des cheminées de centrales nucléaires, qui ne recrachent que de la vapeur d'eau, illustrent ainsi les rejets de CO2, et la grippe aviaire est attribuée à la "remontée vers le nord" des maladies tropicales), on voit bien que Al Gore maîtrise son sujet. On ne peut que saluer son initiative, d'autant plus qu'aux Etats-Unis le scepticisme sur le réchauffement est plus répandu qu'en France.

Les solutions ne sont pas à la hauteur

Ce qui gâche un peu le tout, c'est le dernier quart d'heure, quand Al Gore se risque à avancer des propositions. Son propos tend à faire croire que les Américains n'auront rien à sacrifier de leur mode de vie pour éviter les terribles catastrophes qu'il s'est employé à nous montrer. Acheter une voiture hybride, des ampoules à économie d'énergie, et développer les éoliennes, c'est certes une amélioration notable. Mais même avec beaucoup de technologie et de volonté politique, on ne pourra pas faire l'économie d'une réduction drastique de la consommation globale d'énergie.

Al Gore se vente d'avoir fait plusieurs fois le tour du monde en avion pour présenter sa conférence. A-t-il calculé combien tous ses voyages en avion ont émis de CO2 dans l'atmosphère ? Une personne qui fait un Paris-New York en première classe émet à elle seule 2436 kg d'équivalent carbone.

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