DOSSIER
Avril 2006
Une vie ailleurs ?Un des rêves des astrobiologistes serait de détecter de la vie sur une autre planète. Aux dernières nouvelles, seule la Terre est habitée dans le système solaire. Mais plus loin ?
Les exobiologistes pensent que la vie vient de l'espace : pour preuve, les météorites contiennent des molécules organiques. Si la vie est arrivée sur terre de cette manière, pourquoi ne serait elle pas arrivée aussi ailleurs ? Trouver une planète de la masse de la Terre ne suffit pas. La vie, telle qu'on la connaît, ne peut se développer qu'en présence d'eau liquide : il faut donc aussi que la candidate à la vie ne soit ni trop près, ni trop loin de son étoile pour être à une température convenable. En admettant qu'une planète réponde à ces critères, comment y détecter de la vie ? La recherche de traces de vie sur certains corps du système solaire comme Mars ou Europe est déjà une entreprise d'une extrême difficulté. Alors pour les exoplanètes… d'autant qu'on ne peut que les étudier qu'à distance sans y envoyer de sonde.
Quelles preuves pour la vie ?Comment obtenir des preuves fiables de l'existence d'une vie sur d'autres planètes ? L'oxygène pourrait être un indicateur. Ce gaz est injecté en permanence dans l'atmosphère terrestre par des organismes photosynthétiques. La détection d'oxygène par spectrométrie dans l'atmosphère d'une exoplanète pourrait donc indiquer le développement d'une biosphère. Les astronomes comptent surtout sur l'ozone, une molécule produite à partir de l'oxygène : celle-ci est plus facilement détectable. Le méthane est également un composé dont la présence dans l'atmosphère ne s'explique que par l'activité biologique (15% du méthane atmosphérique est produit par les ruminants !). La détection de la chlorophylle, ce pigment vert qui permet aux plantes d'effectuer la photosynthèse, est également prometteuse, car la signature spectrale de la chlorophylle est très facilement reconnaissable. Recherche incertaineLe consensus général est que si nous trouvons l'ozone, l'eau liquide, et l'anhydride carbonique simultanément, ce sera un indicateur très fort de la présence de la vie. Cependant, rien ne dit effectivement qu'il n'existe pas des mécanismes non biologiques capables de rejeter ozone et méthane en quantité. (volcanisme, dégagement d'oxygène suite à un bombardement météoritique). Les résultats devront donc être interprétés avec précaution. Enfin, si des civilisations intelligentes se sont développées sur une exoplanète, elles pourront être détectées par leur émission dans le domaine radio (projet SETI). Vu l'immensité de l'univers et les projets en cours, les astrobiologistes ont du pain sur la planche pour le siècle à venir.
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