HISTOIRE DE SCIENCE
Octobre 2006
L'homme qui portait une confiance absolue à la Science
Les philosophes portent souvent une attention particulière aux travaux des scientifiques, lorsqu'ils ne le sont pas eux-mêmes. Auguste Comte est un de ceux-là.
Après la mort de sa seconde compagne, Auguste Comte, qui n'a toujours eu foi qu'en la Science, est un homme effondré. Il va alors radicalement infléchir sa pensée. Alliant raison et générosité, il veut parvenir au Bien de l'Humanité, et formule alors ce qui sera appelé ensuite le "positivisme religieux". Un cheminement surprenant pour un homme qui a renié toute métaphysique. La science avant la religionCar Auguste Comte, lui-même homme de science (polytechnicien, il gagne sa vie en donnant des cours de mathématiques), refuse d'encourager les doctrines qui postulent que tout phénomène naturel ne peut s'expliquer que par l'intervention d'un agent surnaturel ou naturel. Il est le chantre du "positivisme", qui juge que la science doit servir à expliquer les phénomènes naturels par des lois universelles et non pas en rechercher les causes. En plein milieu du XIXe siècle, il met ainsi en doute la responsabilité de Dieu ou de la Nature dans la création du monde et du vivant. Pour Comte, il est même inutile de se poser la question, puisque il est impossible d'obtenir une réponse. Il est au contraire plus important de chercher à comprendre comment la Nature fonctionne. Tout cela, plus de 20 ans avant la publication de De l'origine des espèces de Charles Darwin. Etudier pour prévoirComte est fortement critiqué par les garants d'un Dieu ou d'une Nature créateurs, ainsi que par d'autres scientifiques et philosophes qui lui reprochent d'être trop catégorique et affirmatif. Lui pense sa science comme un facteur d'anticipation et d'utilité : si l'on est capable de tout expliquer par une loi, on peut aussi tout prévoir. En étudiant le présent on peut en conclure le futur. Idée de prévision qui rapidement se transforme en prévoyance, en ce sens que si on peut prévoir les phénomènes on peut alors les modifier à notre avantage. Le basculement vers le positivisme religieux vaudra à Comte une perte de crédibilité auprès des scientifiques. Ces derniers conserveront du positivisme l'audace intellectuelle, la distance prise par rapport aux dogmes de l'Eglise, la recherche fondamentale de lois. Malgré le fait qu'il soit aujourd'hui désuet, (notamment parce que les découvertes du XXe siècle, en particulier la physique quantique, ont détruit la barrière qui sépare les notions clés de cause et raison d'un phénomène), le positivisme a posé les bases philosophiques des grandes théories naturalistes du XIXème siècle. En savoir plus : Histoire : Le XIXème siècle
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